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Hollande: "Ce que j'ai fait pour Alstom à l'étranger, Alstom doit le faire pour la France"

Le chef de l'État a fixé un "objectif" au gouvernement: sauvegarder les activités du site de Belfort, qu'Alstom veut transférer. Le Président a aussi mis la pression sur le groupe en rappelant qu'il avait oeuvré pour ses commandes à l'étranger.

François Hollande met la pression. Lors d'un déplacement dans les Yvelines, le président de la République est revenu sur le dossier Alstom. Il a ainsi rappelé au groupe qu'il avait oeuvré pour décrocher des commandes à l'étranger et valoriser ainsi le savoir-faire du groupe tricolore. 

"Alstom, chaque fois que je me déplace à l'étranger -dans les plus grands pays émergents ou dans les pays les plus développés comme les Etats-Unis-, signe des contrats et fait en sorte que la technologie française soit regardée comme la meilleure du monde, et notamment dans l'énergie ferroviaire. Alors il faut qu'il en soit de même ici en France pour que nous puissions avoir les sites de production, et pas simplement des ingénieurs qui puissent valoriser notre technologie à l'étranger", a-t-il martelé. 

"Ce que j'ai fait pour Alstom à l'étranger, Alstom doit le faire aussi pour la France", a affirmé François Hollande appelant ainsi à un retour d'ascenseur.

"Nous devons apporter des commandes, c'est le rôle des acteurs publics (région, entreprises de transports publics) dans le cadre des marchés qui existent et qui doivent être respectés. Nous devons nous mobiliser pour les industries", a-t-il par ailleurs affirmé.

Garder les activités ferroviaires à Belfort

Auparavant, Michel Sapin avait indiqué que le chef de l'État avait fixé, lors d'une réunion ministérielle, un "objectif": le maintien des activités ferroviaires d'Alstom à Belfort.

"C'est à cet objectif-là que nous allons travailler, avec les élus, avec les organisations syndicales, avec la direction d'Alstom et avec l'ensemble de ceux qui, en capacité de passer un certain nombre de commandes en France, peuvent permettre d'assurer le plan de charge qui permettra de sauver les activités ferroviaires d'Alstom à Belfort", a également indiqué le ministre de l'Économie.

Alstom, dont l'État détient 20% du capital, a annoncé le transfert d'ici fin 2018 de la production de trains et du bureau d'études de son site historique de Belfort vers celui de Reichshoffen (Alsace), provoquant la colère du gouvernement.

Michel Sapin a souligné qu'il y avait parallèlement des "problèmes de forme : nous avons dit déjà aux responsables de cette entreprise combien la manière de faire était inadmissible".

Y.D. avec AFP