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Fusion EADS/BAE: l'Allemagne prête à monter au capital d'EADS pour défendre ses intérêts

L'Allemagne passerait à 15% dans le capital d'EADS, via la banque publique KFW

L'Allemagne passerait à 15% dans le capital d'EADS, via la banque publique KFW - -

Soucieuse de maintenir l’équilibre des forces entre Français et Allemands au sein d’EADS, Berlin aurait définitivement décidé de racheter la moitié des parts de Daimler, pour monter à 15% du capital. Outre-Rhin, on se résoudrait donc à réduire le poids du privé dans la défense des intérêts allemands.

Berlin serait prête à monter au créneau pour préserver ses intérêts, avant la possible fusion entre EADS et BAE Systems. Selon le journal Les Echos de ce mardi 25 septembre, l’Allemagne aurait ainsi l'intention de racheter une partie des actions du constructeur allemand Daimler, qui souhaite réduire sa participation dans EADS actuellement à 15%.

Des discussions autour de ce rachat étaient déjà en cours. L’Allemagne rachèterait la moitié des actions de Daimler (7,5%) via la banque publique KFW. A côté, elle acquerrait également les 7,5% détenus par un consortium de régions et de banques publiques allemandes.Ce qui porterait son total à 15%. Berlin tiendrait cette position dans la mesure où la France, de son côté, veut conserver sa participation actuelle, également de 15%, dans le groupe aéronautique.

Une intervention publique par défaut

Pour Loïc Tribot La Spière, délégué général du Centre d’étude et de prospective stratégique, interviewé par BFM Business, Berlin se substituerait ainsi au secteur privé. Il rappelle que "l’Allemagne laissait jusqu’ici le soin aux acteurs privés d’être déterminants" pour défendre les intérêts allemands. Il explique que l'Allemagne a "regardé en vain si du côté secteur privé, il pouvait y avoir quelqu’un" pour reprendre la participation de Daimler.

Mais les perspectives moroses du secteur de la Défense, qui représenterait plus de 40% du chiffre d’affaires de la future fusion EADS-BAE, n’ont pas permis d’attirer de nouveaux actionnaires: "A défaut, l’Etat a décidé d’être présent", conclut Loïc Tribot La Spière.

Le projet actuel de fusion entre EADS et BAE prévoit une répartition du capital de 60% pour la société européenne et 40% pour la Britannique. Les participations des Etats allemands et français au sein de la nouvelle structure seraient alors diluées de 15 à 9%. Ce pourquoi, selon un document que s’est procuré Reuters, l’Allemagne demanderait à ce que le ratio 60/40 passe à 70/30. Reste à voir, si Berlin réussira à convaincre l'ensemble des parties d'arriver à un nouvel accord sur ce dernier point.

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