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En quoi consiste la "vot-action" lancée par les syndicats de la SNCF

Ouverte jusqu'au 21 mai, la consultation organisée par les syndicats de cheminots auprès des salariés de la SNCF n'a aucune valeur juridique. Les conditions d'organisation du scrutin manquent de fiabilité. Mais pour les syndicats, le plus important est de mobiliser le plus grand nombre de votants.

À la SNCF, la consultation des agents de l'entreprise publique débute ce lundi 14 mai et durera une semaine. "C'est une action qui vise à donner l'occasion aux cheminots de s'exprimer mais pas dans les règles d'un référendum tel qu'il est prévu par les textes de loi" tenait à rappeler, le 10 mai, Roger Dillenseger, secrétaire général de l'UNSA ferroviaire" sur l'antenne d'Europe1, ce qui soulignait l'absence de valeur juridique de cet appel aux urnes.

Chaque agent SNCF en activité est appelé à se prononcer "pour ou contre le pacte ferroviaire porté par le gouvernement" à partir de 10h00 ce lundi 14 mai jusqu'au 21 mai à 10h00, dans "chaque chantier, chaque établissement, au coeur des gares et des bureaux", insiste la CGT-Cheminots, première force syndicale à la SNCF.

Pour Guillaume Pepy, la consultation n'a "aucune légitimité"

Pour le patron de la SNCF Guillaume Pepy, cette "vot'action" n'a "aucune" légitimité. Sur la réforme ferroviaire, "personne ne peut confisquer le débat et le vote au Parlement", a-t-il répété la semaine dernière.

De ce fait, la vote organisé à la seule initiative des syndicats sans aucun soutien logistique de la direction de l'entreprise publique. Toute la consultation est organisée "à l'ancienne" avec des bulletins papiers et sans liste d'émargement officielle fournie par la direction. Rien à voir en terme de logistique avec le référendum voulu par la direction d'Air France. La compagnie avait organisé un vote électronique garantissant le secret du scrutin pour la consultation qui s'est achevée le 4 mai 2018 avec le résultat négatif que l'on sait mais avec un taux de participation de 80%.

Un risque de non-fiabilité des résultats ?

"Un référendum, c'est structuré, c'est organisé et piloté avec des listes d'émargement et il faut que le tout le monde ait la capacité de voter. Avec la consultation que nous lançons, cela reste basé sur du volontariat. Donc en terme d'organisation, cela ne va pas être très, très simple et en terme de fiabilité, cela ne va pas être très fiable non plus mais ceux qui auront l'occasion de s'exprimer auront l'opportunité de le faire" expliquait le secrétaire général de l'UNSA Ferroviaire" sur Europe1, le 10 mai dernier.

À la CFDT-Cheminots, on précise cependant posséder les listes de salariés mises à jour chaque année dont disposent certains élus du personnel. Elles feront office de liste d'émargement où devront être inscrits les nom, prénom et numéro de matricule des votants pour éviter toute fraude. Des listes qui seront détruites après le comptage des voix pour que la direction ne puisse pas savoir qui a participé.

Le taux de participation des cheminots, un enjeu clé

"C'est un peu compliqué de l'organiser et cela demande beaucoup de temps et d'investissement pour les militants" reconnaît Sébastien Mariani, secrétaire général adjoint de la CFDT Cheminots à propos de la "vote'action". Il n'est reste pas moins que cette méthode à l'ancienne comporte plus de risque de non-fiabilité des résultats qu'un vote anonyme et par internet comme celui organisé chez Air France. Cette consultation "n'est pas seulement un vote", mais "une modalité d'action" nouvelle pour "entrer en contact avec les cheminots", ajoute le représentant de CFDT Cheminots. "Certains salariés craignent toutefois des pressions notamment s’ils n’ont pas envie de voter" explique le site Francetvinfo.fr.

L'un des enjeux importants sera la participation des cheminots à la consultation puisque le gouvernement et la direction de la SNCF, l'ont répété à l'envi: la "vot'action" organisée n'a aucune valeur juridique ni normative. "Atteindre un taux de participation de 50% serait très important compte tenu de la rapidité avec laquelle a été organisée le vote mais quelques dizaines de milliers de participants serait un objectif atteint sans préjuger du résultat final" confie Sébastien Mariani (CFDT Cheminots)

Frédéric Bergé