BFM Business

En Chine, Uber se fait "botter les fesses" par Alibaba

Uber n’a d’autres choix que de s’imposer sur le marché chinois qui, selon une note aux investisseurs publiée en 2015 a vocation à devenir « son marché prioritaire ».

Uber n’a d’autres choix que de s’imposer sur le marché chinois qui, selon une note aux investisseurs publiée en 2015 a vocation à devenir « son marché prioritaire ». - Philippe Lopez - AFP

Un milliard de dollars, c’est qu'Uber affirme avoir perdu en Chine en 2015. Mais Travis kalanick, son PDG et fondateur, ne renoncera pas à y affronter son redoutable concurrent Didi Kuaidi, financé par Alibaba et Tencent.

Quand il livre bataille avec ses concurrents, Uber peut se révéler féroce. Mais avec Didi Kuaidi il a trouvé plus terrible que lui. Ce service chinois de VTC lancé par deux mastodontes asiatiques (Alibaba et Tencent) se montre en effet impitoyable.

La guerre qu'il mène en Chine laisse Travis Kalanick totalement baba. Elle ne se base pas seulement sur les prix. Didi Kuaidi n'a pas hésiter à créer de nouvelles offres bien adapté au marché local. L'une d'elles propose par exemple à une personne ivre et hors d'état de prendre le volant, de se faire raccompagner dans sa propre voiture par un conducteur privé.

Lors d’une conférence organisée à Vancouver par le site canadien Betakit, le patron et fondateur d’Uber a reconnu que si son activité était "rentable" aux États-Unis, il a perdu 1 milliard de dollars en Chine. Travis Kalanick n'a pas précisé ce que cette perte signifiait précisément mais il a reconnu que Didi Kuaidi lui donnait du fil à retordre: "Nous nous faisons botter les fesses par un concurrent qui n’est rentable dans aucune ville du pays, mais qui continue à prendre des parts de marché", a-t-il expliqué.

La Chine, un marché prioritaire

Mais le combat va continuer. Le groupe américain est présent dans une quarantaine de métropoles chinoises. Et Uber a prévu de proposer ses services dans les cent plus grandes villes du pays. Car il lui faut s’imposer sur le marché chinois qui, selon une note aux investisseurs publiée en 2015 par le Financial Times, a vocation à devenir "son marché prioritaire". Uber compte d'ailleurs s'introduire en bourse la branche chinoise en 2020.

Et pour gagner la bataille de Chine, les investisseurs du groupe -parmi lesquels, Hillhouse Capital, China City Bank, China Life Insurance et Ping An Insurance Group- ont réinjecté 1 milliard de dollars l’été dernier dans la filiale chinoise qui est depuis valorisée à 8 milliards de dollars.

Impressionnant certes, mais pas suffisant pour déstabiliser Didi Kuaidi, qui est valorisé deux fois plus qu'Uber (15 milliards de dollars) depuis un apport d’Alibaba de 2 milliards de dollars.

https://twitter.com/PascalSamama Pascal Samama Journaliste BFM Éco