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Crise du Boeing 737 MAX: "le plus gros sinistre de l'histoire" de l'assurance aviation

La crise du Boeing 737 MAX devrait coûter cher aux assureurs et aux réassureurs.

La crise du Boeing 737 MAX devrait coûter cher aux assureurs et aux réassureurs. - Mark RALSTON / AFP

Les déboires de l'avion phare du constructeur américain auront de lourdes conséquences pour le secteur de l'assurance et de la réassurance, assure un responsable de l'agence de notation S&P Global Ratings.

La crise du Boeing 737 MAX coûtera (très) cher aux assureurs. Les turbulences qui secouent le constructeur aérien depuis l'automne seront "probablement" "le plus gros sinistre de l'histoire" pour le secteur de l'assurance aviation, a estimé mardi un responsable de l'agence de notation S&P Global Ratings. Cette crise "va avoir des conséquences" pour les assureurs et réassureurs concernés, a expliqué Marc-Philippe Juilliard, directeur chez S&P Global Ratings, lors d'une conférence de presse.

Car outre les accidents, le montant des indemnisations liées à l'immobilisation des appareils sera "d'autant plus élévé que la période d'indisponibilité est rallongée", a-t-il ajouté, tout en soulignant qu'il est "trop tôt" pour estimer le coût de ce dossier pour les assureurs et les réassureurs, qui interviennent de manière significative dans l'aviation. Les réassureurs, qui sont les assureurs des assureurs, prennent le relais au-delà d'un certain montant de dégâts.

"Nous pourrons commenter à partir du moment où les avions seront petit à petit autorisés à voler dans les différentes zones du monde. Mais de toute évidence cela va coûter de l'argent au secteur", a ajouté Marc-Philippe Juilliard. Or, l'horizon semble toujours bouché pour l'avionneur, aucune autorisation de vol n'ayant été à ce jour accordée pour son avion vedette, cloué au sol depuis près de six mois après la succession de deux accidents avec les compagnies Ethiopian Airlines en mars (157 morts) et Lion Air en octobre (189 morts).

Perte record de 2,94 milliards de dollars

La compagnie aérienne américaine United Airlines a récemment prolongé jusqu'au 19 décembre l'annulation de tous les vols sur ses 14 Boeing 737 MAX. Parallèlement, une filiale du conglomérat militaro-industriel russe Rostec a assigné fin août en justice Boeing pour demander l'annulation d'une commande de trente-cinq avions 737 MAX.

Fin juillet, l'avionneur avait annoncé une perte record de 2,94 milliards de dollars (2,7 milliards d'euros) au deuxième trimestre, conséquence des déboires du 737 Max. Selon les estimations établies cet été, la facture pour Boeing s'élève pour l'instant à quelque 8 milliards de dollars (7,3 milliards d'euros), sans préjuger d'indemnisations aux familles de victimes qui ont déjà porté plainte, ni d'éventuelles amendes et règlement de litiges.

Ce montant inclut principalement une provision de 5,6 milliards de dollars (5,1 milliards d'euros) destinée à régler les compensations aux compagnies aériennes.

J. B. avec AFP