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Conflits d'intérêts potentiels: des actionnaires de Renault saisissent l'AMF

Des représentants d'actionnaires demandent à l'AMF de vérifier si la toute-puissance de Carlos Ghosn  au sein de l'alliance leur porte préjudice.

Des représentants d'actionnaires demandent à l'AMF de vérifier si la toute-puissance de Carlos Ghosn au sein de l'alliance leur porte préjudice. - Daniel Roland - AFP

Trois représentants d'actionnaires de Renault réclament ce jeudi une enquête approfondie à l'Autorité des marchés financiers sur de potentiels "conflits d'intérêts" qui porteraient atteinte aux actionnaires.

Arguant de problèmes de gouvernance, voire de "conflits d'intérêts" potentiels nés de la complexité de l'alliance entre Renault et Nissan, des actionnaires du constructeur automobile français ont réclamé jeudi une "enquête approfondie" à l'Autorité des marchés financiers (AMF).

À deux semaines de l'assemblée générale de Renault, "CtW Investment Group", représentant des fonds de pension, l'association "Réseau des administrateurs pour l'investissement responsable (RAIR)" et le cabinet de conseil aux actionnaires Proxinvest ont demandé dans une lettre à l'AMF de déterminer si l'évolution de l'alliance franco-japonaise ces 15 dernières années "porte aujourd'hui atteinte aux droits des actionnaires de Renault", selon un communiqué.

"Absence de surveillance indépendante"

Parmi les "points d'inquiétude" soulevés par CtW, le RAIR et Proxinvest, figure "un manque de transparence et d'information concernant la structure de la gouvernance d'entreprise de Renault-Nissan B.V (RNBV), l'entité néerlandaise responsable de la gestion de l'Alliance et disposant de pouvoirs décisionnels stratégiques sur Renault", selon le texte.

Celui-ci évoque aussi "les conflits d'intérêts résultant du fait qu'une seule et même personne, Carlos Ghosn, préside Renault SA, Nissan Motor Co. et RNBV et l'absence de surveillance indépendante de RNBV au regard des pouvoirs significatifs qu'elle exerce sur Renault".

"La plus grande opacité"

Pour le directeur général de CtW, Dieter Waizenegger, "une enquête est impérative pour faire respecter les droits des actionnaires de Renault. L'Alliance a élargi ses pouvoirs sur les décisions de Renault dans la plus grande opacité, tandis que Carlos Ghosn a dans le même temps concentré l'essentiel des pouvoirs de décision dans ses mains".

Selon le dernier document de référence publié début avril, le capital de Renault est composé de 295.722.284 actions de 3,81 euros en nominal. CtW avait déjà été en pointe dans une tentative de limiter l'influence d'Elon Musk, PDG du constructeur américain de voitures électriques Tesla. Le groupe revendique fédérer des investisseurs détenant au moins 7 millions d'actions Renault (2,37% du total), le RAIR 838.000 (0,28%), tandis que Proxinvest assure influencer "5% à 10% des actions détenues par des institutionnels, soit 10 à 20% des actions votant en assemblée générale des sociétés cotées françaises".

N.G. avec AFP