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Comment ADP s'organise avec 65% de passagers en moins à l'aéroport de Roissy

Fermetures d'infrastructures, plan d'économies de 180 millions d'euros... Edward Arkwright, directeur général d'Aéroports de Paris, détaille sur BFM Business le plan du groupe pour résister aux conséquences du coronavirus.

A l'image des compagnies aériennes, les opérateurs d'aéroports sont particulièrement touchés par les conséquences de l'épidémie de coronavirus. La chute d'activité est impressionnante.

"Hier nous avions 65% de passagers en moins à Charles de Gaulle et 75% de passagers en moins à Orly, donc c'est une baisse extrêmement brutale, extrêmement massive", détaille Edward Arkwright, directeur général d'Aéroports de Paris (ADP), qui était invité sur BFM Business ce jeudi.

Pour limiter la casse, ADP s'est tout simplement mis en économie de guerre, avec un plan articulé en trois mesures. "Notre priorité de l'instant c'est la continuité de l'activité, c'est à dire qu'on a encore des avions, encore des passagers, des Français qui veulent revenir en France, et donc notre préoccupation c'est de faire fonctionner nos aéroports dans la sécurité et la sûreté des passagers".

"Ensuite, il faut qu'on s'adapte économiquement. On a lancé trois mesures: la première c'est de réduire, de fermer nos infrastructures. (...) On a déjà fermé Orly 2 c'était mercredi soir, on va fermer trois infrastructures à Charles de Gaulle (...) et nous continuerons évidemment à ajuster nos infrastructures à la réalité du trafic", explique Edward Arkwright.

"Ensuite, il faut qu'on soit solidaire vis-à-vis des compagnies aériennes et vis-à-vis des partenaires. Donc cette solidarité, ça veut dire qu'un avion immobilisé ne paye plus de frais de stationnement, on appelle ça les redevances de parking. Ca veut dire des boutiques ou des bureaux dans les infrastructures fermées (qui) ne paient plus de loyers ou de charges".

Pas de licenciements mais un recours massif au chômage partiel

"Nous faisons le cadeau (de ces charges). Je pense que c'est absolument normal, c'est pas un cadeau, c'est un geste normal de solidarité, nous abandonnons les redevances de stationnement et les loyers et les charges des infrastructures fermées. Pour les autres sommes qui seraient dues, nous discutons client avec client pour les étaler dans le temps de la manière la plus appropriée", souligne-t-il.

"Et puis, la troisième mesure, c'est évidemment un plan d'économies extrêmement important pour ADP pour pouvoir s'adapter à la conjoncture économique: plus de passagers, plus d'avions, ça veut dire plus de revenus, plus de chiffre d'affaires pendant la période donnée et donc on a lancé un plan de 180 millions d'euros pour le groupe hors recours au chômage partiel qui sera extrêmement significatif", détaille Edward Arkwright.

Les projets en cours gelés

Pour autant, il n'y aura pas de licenciements. "Nous ne séparerons pas de salariés, ça c'est très clair. Nous sommes une grande famille d'aéroportuaire, le chômage partiel est là pour éviter les licenciements de salariés et c'est bien pour ça qu'en plus du plan d'économies, nous avons un plan de recours au chômage partiel".

Et d'expliquer: "Les économies hors chômage partiel c'est de se dire que tout ce qui n'est pas essentiel est abandonné. Donc pas de nouveaux recrutements, plus d'intérim, plus de formations, plus d'événementiel, plus d'études prospectives, nous gelons tous les projets en dehors de tout ce qui est essentiel au fonctionnement de l'activité et de la sûreté et de la sécurité des passagers et des salariés".

Olivier Chicheportiche