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Cette start-up reçoit 25 millions d'euros pour lancer un dirigeable géant dédié au fret

Le dirigeable gonflé à l'hélium sera mû par des moteurs électriques.

Le dirigeable gonflé à l'hélium sera mû par des moteurs électriques. - Flying Whales

La start-up française Flying Whales ("baleines volantes") conçoit un dirigeable géant pour transporter des charges lourdes jusqu'à 60 tonnes. Évalué à 61 millions d'euros sur 4 ans, le projet est déjà financé pour 25 millions d’euros par Bpifrance. Le premier vol est prévu en 2021.

Le dirigeable est-il en train d'entamer une deuxième jeunesse dans les airs? En 2013, le projet de relance de cette filière disparue faisait partie des 34 plans retenus par le gouvernement dans le cadre de "La nouvelle France industrielle". Sa feuille de route visait d’ici à 2020 les applications de transport de charges lourdes et les missions de surveillance et de télécommunications tel le projet dévoilé par Thales Alenia Space en 2016.

C'est à la première catégorie qu'appartient le projet de la start-up française Flying Whales ("baleines volantes"). Pour développer son dirigeable dédié aux transports de charges lourdes, celle-ci vient d'être financée à hauteur de 25 millions d’euros par le programme d’investissements d’avenir, opéré par Bpifrance. D’une capacité d’emport de 60 tonnes (en soute et/ou sous élingues), ce futur géant des airs représente un investissement de 61 millions d’euros sur 4 ans.

Le transport de bois en zone d'accès difficile est visé

"Ce projet incubé depuis trois ans, va révolutionner l’accès aux ressources naturelles, la logistique en zones manquant d’infrastructures ainsi que le transport lourd ou exceptionnel" selon André Soulage, chef du plan industriel "dirigeable" du pôle de compétitivité Safe.

Conçu pour répondre aux besoins d’extraction de bois en zone difficile d’accès, l'aéronef intéresse au premier chef l’Office national des forêts qui fait partie des premiers investisseurs. Le futur dirigeable de Flying Whales se destine aussi aux marchés du fret et du transport exceptionnel d'éléments d'infrastructures comme les pylônes ou les éoliennes, depuis ou vers tout zone difficile d’accès par des moyens terrestres.

La start-up n'est pas seule pour mener à bien son projet. Elle bénéficie du soutien d'industriels français travaillant pour l'aéronautique comme Epsilon Composite, Zodiac Aerosafety Systems, REEL et Tecalemit Aerospace L’Onera (office national d'études et de recherches aérospatiales) contribue aux études et essais sur les aspects d’aérodynamique et de dynamique de vol.

"Cette mise en commun de savoir-faire et d’ingénieries de pointe a permis de mettre en place un programme intrinsèquement atypique et ambitieux" souligne Sébastien Bougon, président de Flying Whales.

Des groupes marocain et chinois sont au capital

L'ampleur du financement prévu pour ce projet est à la mesure de son envergure qui dépasse le simple cadre hexagonal. L’entrée du groupe diversifié marocain Marita Group au capital de Flying Whales a été actée en 2016. La Chine a rejoint ce programme pour ses propres besoins en logistique. Un accord capitalistique a aussi été signé entre la start-up française et le groupe national aéronautique chinois AVIC.

Sa portance étant assurée par la flottabilité de l’hélium et sa motricité par des moteurs électriques, l’appareil se présente comme une solution à la fois économique (faible consommation d’énergie) et à faible empreinte carbone. Son premier vol est d'ores et déjà planifié pour 2021.

Frédéric Bergé