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Boeing remporte l'appel d'offres sur les ravitalleurs américains

Boeing a remporté l'appel d'offres portant sur la livraison d'avions ravitailleurs à l'armée de l'air américaine, aux dépens d'Airbus, filiale d'EADS. /Photo diffusée le 24 février 2011/REUTERS/Boeing

Boeing a remporté l'appel d'offres portant sur la livraison d'avions ravitailleurs à l'armée de l'air américaine, aux dépens d'Airbus, filiale d'EADS. /Photo diffusée le 24 février 2011/REUTERS/Boeing - -

Boeing a remporté l'appel d'offres portant sur la livraison d'avions ravitailleurs à l'armée de l'air américaine au détriment d'Airbus, la filiale d'EADS, a annoncé jeudi soir le Pentagone.

Lors d'une conférence de presse, le secrétaire à l'US Air Force, Michael Donley, a précisé que le contrat attribué à l'américain représentait une valeur supérieure à 30 milliards de dollars (21,73 milliards d'euros)

Le secrétaire adjoint à la Défense, William Lynn, a garanti que la compétition avait été juste et qu'aucun camp n'avait été favorisé.

L'action Boeing a immédiatement profité de l'annonce et gagnait 3,9% dans les transactions électroniques.

La décision sur l'attribution du contrat marque un tournant dans ce dossier. Mais selon les analystes, rien ne garantit que le conflit entre Boeing et Airbus s'arrête là.

Le groupe européen dispose d'un délai de dix jours pour contester formellement la décision annoncée jeudi soir, mais les parlementaires représentant les Etats américains qui auraient bénéficié de l'attribution du contrat à Airbus pourraient tenter de l'infirmer par la voie juridique.

Pour le Pentagone, EADS a certes le droit de protester, mais rien ne le justifierait.

TENSIONS TRANSATLANTIQUES

L'armée de l'air américaine veut engager le remplacement de sa flotte de KC-135 Stratotankers, vieille de 50 ans, qui ravitaille chasseurs et autres avions en plein vol afin d'élargir le champ des opérations militaires.

La concurrence pour la fourniture de ces 179 "tankers" a provoqué des tensions de part et d'autre de l'Atlantique, et des conflits entre parlementaires américains soucieux de créer des emplois dans leur Etat.

Airbus et Boeing, concurrents sur le marché des avions de transport de passagers, se sont publiquement affrontés sur ce dossier, à grand renfort d'encarts publicitaires, pendant que leurs partisans s'opposaient via des conférences de presse.

Boeing et Airbus, via sa filiale nord-américaine, proposaient tous les deux une version spécialement adaptée de leurs appareils de transport existants, le Boeing 767 et l'A330.

Le feuilleton remonte à 2001. Un premier projet de 23,5 milliards de dollars pour louer puis acheter 100 Boeing 767 transformés en ravitailleurs avait échoué en 2004, en raison d'un conflit d'intérêt qui s'était traduit par des peines de prison pour le directeur financier de Boeing et le numéro deux des achats de l'armée de l'air de l'époque.

Par la suite, EADS, en partenariat avec le groupe américain Northrop Grumman, a remporté en février 2008 un deuxième appel d'offres portant sur 179 appareils. L'opération a elle aussi été annulée, les autorités américaines ayant retenu certains des arguments avancés par Boeing pour contester l'attribution du contrat.