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Après l'effondrement du pont de Gênes, la famille Benetton va sortir des autoroutes italiennes

Le pont de Gênes après s'être écroulé

Le pont de Gênes après s'être écroulé - AFP

Très critiqué depuis le drame de Gênes, le groupe Atlantia, contrôlé par la famille Benetton, a finalement trouvé un accord avec le gouvernement.

Le groupe Atlantia, contrôlé par la famille Benetton, va sortir des autoroutes italiennes selon un projet d'accord trouvé avec le gouvernement, après l'effondrement meurtrier du pont de Gênes, a annoncé Rome mercredi dans un communiqué.

Le projet d'accord prévoit "le transfert immédiat du contrôle d'Aspi (la filiale autoroutière italienne d'Atlantia) à un organisme public, la Caisse des dépôts et prêts (CDP)", précise la présidence du conseil dans ce texte. La compensation financière a été fixée à 3,4 milliards d'euros.

Atlantia détient actuellement 88% d'Aspi, le gestionnaire du pont de Gênes qui s'est effondré en août 2018, coûtant la vie à 43 personnes.

Pression politique

Depuis ce drame, Atlantia se trouve dans la tourmente car l'enquête, encore en cours, a mis en évidence de graves manquements dans l'entretien du pont.

Le gouvernement a lancé après le drame une procédure pour décider de retirer ou non ses concessions autoroutières à Aspi, avant de donner il y a quelques jours à Atlantia un ultimatum pour formuler une proposition acceptable pour éviter une telle situation.

Après avoir adopté dans un premier temps une ligne de compromis, le chef du gouvernement italien Giuseppe Conte avait ainsi choisi ces derniers jours de durcir le ton et de mettre la pression sur la famille Benetton, poussé par l'un des deux partis du gouvernement, le Mouvement 5 Etoiles (M5S, antisystème).

Ce dossier "dure depuis trop longtemps, la procédure de révocation a été lancée et toutes les conditions sont réunies pour la réaliser, parce que les manquements sont objectifs, multiples et avérés", avait ainsi affirmé la semaine passée M. Conte. "Donc, soit arrive une proposition particulièrement avantageuse pour l'Etat, soit nous procéderons à la révocation (des concessions)", avait-il souligné.

"Plan de maintenance et d'investissement très important"

La présidence du conseil indique qu'Aspi a fait dans la nuit de nouvelles propositions: "considérant leur contenu, le conseil des ministres a décidé de lancer la procédure prévue par la loi pour la définition formelle de l'accord".

Elle précise néanmoins que "le renoncement à la révocation (des concessions autoroutières) ne pourra avoir lieu qu'en cas de réalisation complète de l'accord".

Celui-ci prévoit "un plan de maintenance et d'investissement très important". Le transfert de contrôle va se faire via "une augmentation de capital réservée à la CDP et l'achat d'actions par des investisseurs institutionnels", qui va se traduire par "la sortie d'Aspi du périmètre d'Atlantia et le début de la cotation d'Aspi en Bourse".

TL, avec AFP