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Alstom: le plan de l'État pour sauver le site de Belfort

Le gouvernement a confirmé la commande publique de 15 TGV supplémentaires à Alstom. Par ailleurs, le constructeur installera à Belfort un centre européen de maintenance ferroviaire.

Le plan de sauvetage de Belfort est désormais connu. Christophe Sirugue, secrétaire d'État à l'Industrie, a détaillé ce mardi 4 octobre les "pistes nouvelles (...) qui vont permettre le maintien d'une activité ferroviaire à Belfort". 

Le gouvernement confirme ainsi la commande de 15 TGV supplémentaires. Ces rames dites "Euroduplex" seront destinées à équiper les lignes Intercités Bordeaux-Toulouse et Montpellier-Perpignan. L'État dépensera 450 millions pour faire circuler ces trains capables de rouler à 320 km/h sur des voies ordinaires, "par anticipation de l'arrivée des lignes à grande vitesse" qui, pour l'une (Bordeaux-Toulouse) a tout juste fait l'objet d'une déclaration d'utilité publique et pour l'autre n'en est pas encore à ce stade.

Par ailleurs, "la commande de six rames de TGV dédiées à la liaison Paris-Turin-Milan est confirmée", a déclaré Christophe Sirugue. L’acquisition de nouveaux trains à grande vitesse sur cette ligne est rendue nécessaire du fait de l’application de nouvelles normes à compter de 2021 sur le réseau ferroviaire italien. Jusqu’alors la SNCF et Alstom étaient en désaccord sur le prix de ces TGV. Le secrétaire d’État aux Transports, Alain Vidalies avait fermement invité les deux parties "à se mettre d'accord". 

La SNCF prend également commande de 20 locomotives diesel pour le remorquage des trains en panne et confirme celle de 30 trains Intercités, annoncée en février par le gouvernement. Elle sera concrétisée d'ici à la fin du mois.

70 millions d'euros d'investissements

"À plus long terme, 70 millions d'euros seront investis pour préparer l'avenir", précise Christophe Sirugue. Les investissements d'Alstom seront principalement dédiés au développement et à la production d'un nouveau modèle de locomotive hybride ou diesel. Le groupe y consacrera 30 millions d'euros d'ici à 2018 et l'État étudiera un possible financement complémentaire.

En outre, 5 millions d'euros seront dépensés d'ici à 2019 pour moderniser les ateliers de maintenance ferroviaire du site de Belfort, avec l'objectif de doubler les effectifs sur cette activité, soit 150 salariés à terme. Les collectivités locales accompagneront ce projet.

Enfin, Alstom investira 5 millions d'euros supplémentaires d'ici à 2020 pour diversifier la production de l'usine de Belfort, berceau du TGV qui compte actuellement plus de 400 salariés, et l'orienter vers d'autres types de trains mais aussi de véhicules routiers, notamment le bus électrique.

Ces investissements s'ajouteront au projet de "TGV du futur", qu'Alstom et la SNCF doivent concevoir d'ici à la fin de 2017, en vue d'éventuelles commandes qui profiteraient en partie à l'usine de Belfort à partir de 2021. Le constructeur ferroviaire et l'État, via l'Ademe, y consacreront 30 millions d'euros sur deux ans. Le PDG d'Alstom, Henri Poupart-Lafarge, ajoute que "ces locomotives de manoeuvre ouvriront de nouveaux horizons, de nouveaux marchés".

"Démarche d'avenir"

Henri Poupart-Lafarge confirme qu'"un comité stratégique de filière aura lieu pour évoquer l'ensemble des problématiques du ferroviaire en France". Et il affirme que "le plan de sauvetage ne profitera pas uniquement à Belfort, il bénéficiera à l'ensemble des sites. Il faut inscrire toute cette démarche dans une démarche d'avenir". 

Depuis l'annonce, le 7 septembre, du projet de la direction de transférer d'ici à 2018 l'ingénierie et la production de son site de Belfort vers celui de Reichshoffen (Bas-Rhin), l'avenir de cette usine bâtie en 1879 est devenu une priorité pour le gouvernement. François Hollande a fait du maintien de l'activité et des 400 emplois menacés un "objectif" et promis que "tout sera(it) fait" pour y parvenir.

D. L.