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Alitalia: Ryanair veut reprendre 90 appareils

Une dizaine d'offres de reprise d'Alitalia ont été déposées.

Une dizaine d'offres de reprise d'Alitalia ont été déposées. - Tiziana FABI / AFP

La première compagnie européenne va soumettre une offre pour acquérir 90 appareils d'Alitalia, placée sous tutelle le 2 mai dernier. Au total, une dizaine d'offres de reprise totale ou partielle ont été déposées.

La compagnie aérienne à bas coûts irlandaise Ryanair a annoncé ce jeudi qu'elle allait soumettre une offre pour reprendre 90 avions de la compagnie en difficulté italienne Alitalia. "Nous allons soumettre une offre pour 90 appareils, avec leurs pilotes, leurs personnels de bord, leurs routes, etc.", a déclaré le directeur général de Ryanair, Michael O'Leary, lors d'une conférence de presse à Londres.

Il a toutefois précisé que les avions concernés "sont tous loués" par Alitalia, mais il espère pouvoir discuter de ce point avec les liquidateurs de la compagnie italienne. "Alitalia est une très bonne marque", a déclaré le patron de la première compagnie européenne en nombre de passagers transportés, en indiquant vouloir conserver le nom de la société italienne en cas de réussite de cette offre contraignante, qui porte sur des long et court-courriers.

Les entreprises souhaitant déposer une offre contraignante pour la reprise totale ou partielle de la compagnie aérienne italienne en difficulté ont en effet jusqu'au 2 octobre pour le faire. Une éventuelle phase de négociation et/ou d'amélioration des offres contraignantes est prévue ensuite jusqu'au 5 novembre. Alitalia sera vendue en bloc ou en deux lots séparés, "l'aviation" et les activités de "handling" (services à terre).

Le gouvernement italien monte au créneau

Jusqu'à présent une dizaine d'offres non liantes ont été déposées, selon les médias italiens, dont une par Ryanair annoncée fin juillet qui devrait donc évoluer vers une offre contraignante. Peu après la conférence de presse de Ryanair, le ministre italien du Tourisme Dario Franceschini a réaffirmé l'opposition du gouvernement italien à dépecer la compagnie. "Le dépeçage d'Alitalia serait une erreur gravissime et je le dis en tant que ministre de la Culture et du Tourisme, réaffirmant la position plusieurs fois exprimée par le gouvernement", a-t-il dit dans un communiqué.

D'après la presse italienne, outre Ryanair, Easyjet, Lufthansa et Elliot, ainsi que les fonds Usa Cerberus Capital Management et Greybull Capital seraient en course pour l'aviation. Pour les services d'assistance au sol, aux avions et aux passagers, seraient intéressés Airport Handling et Alisud. Alitalia, qui accumule les pertes depuis des années, a été placée sous tutelle le 2 mai, à la demande de ses actionnaires, à la suite du rejet par le personnel d'un plan de restructuration prévoyant 1.700 suppressions d'emplois. Le gouvernement, qui a exclu toute nationalisation, cherche désormais un ou des repreneurs afin d'éviter la liquidation de la compagnie.

P.L avec AFP