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Airbus voit ses revenus plonger mais veut éviter à tout prix les aides d'Etat

L'avionneur européen cherche à se démarquer au maximum des Etats européens qui ont trop pesé dans sa gouvernance par le passé. Ses résultats du premier trimestre sont en nette baisse.

Airbus veut éviter à tout prix de recourir aux aides d’Etat. Dès le début de la crise, mi-mars, l’avionneur a emprunté 15 milliards d’euros pour disposer de six mois de trésorerie. Pour le moment, il estime pouvoir tenir jusqu’à la fin de l’année sans livrer d’appareils et donc sans encaisser d'argent.

Mais si la crise dure au-delà, Airbus aura à nouveau besoin d’argent. Et le groupe ne veut surtout pas demander de l’aide aux Etats européens, notamment à la France et à l’Allemagne qui sont ses premiers actionnaires (11% pour l'Etat français et 10,9% pour l'Etat allemand).

Le groupe cherche à se démarquer au maximum des Etats européens qui ont trop pesé dans sa gouvernance par le passé. Jusqu’à créer des crises politiques entre la France et l’Allemagne et des guerres entre les dirigeants français et allemands du groupe.

Soutenir d'abord ses clients, les compagnies aériennes

Airbus préfère que les Etats soutiennent ses clients, à savoir les compagnies aériennes pour relancer ses commandes. Comme chez Air France qui devra continuer à moderniser sa flotte et donc faire appel à Airbus.

Le groupe demande aussi aux Etats européens de renoncer aux pénalités de retards de livraison de son avion militaire l’A400M.

Reste que la situation risque de se tendre pour Airbus qui a d'ailleurs préparé ses salariés au pire. Dans une lettre adressé aux 135.000 employés envoyée la semaine dernière, le président exécutif de l'entreprise, Guillaume Faury, écrit qu'Airbus "perd de l'argent à une vitesse inédite" et qu'une baisse d'un tiers ou plus des taux de production ne reflète pas le pire des scénarios pour la compagnie.

Résultats dégradés

Il demande aux employés se préparer à des réductions d'emplois potentiellement plus importantes qu'annoncées. "La survie d'Airbus est en jeu si nous n'agissons pas maintenant", a-t-il ajouté.

Ses résultats du premier trimestre sont d'ailleurs nettement en baisse. Le chiffre d'affaires a reculé de 15% sur la période, à 10,63 milliards d'euros et le résultat opérationnel ajusté a chuté de 49% pour tomber à 281 millions d'euros.

Le géant européen accuse ainsi une perte nette de 481 millions d'euros contre un bénéfice de 40 millions à la même époque un an plus tôt. La position de trésorerie s'est aussi fortement dégradée, avec un free cash flow négatif à hauteur de 8,5 milliards d'euros.

Mathieu Pechberty et OC