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Airbus: pourquoi le revirement d'Emirates n'est pas anodin

La compagnie dubaïote est préscriptrice vis-à-vis des autres compagnies.

La compagnie dubaïote est préscriptrice vis-à-vis des autres compagnies. - -

L'avionneur européen s'est fait signifier par Emirates, ce 11 juin, une annulation de commande de 70 long-courriers. En dépit des tentatives d'Airbus pour dédramatiser, c'est une très mauvaise nouvelle pour lui.

La compagnie Emirates a annulé sa commande de 70 A350 ce mercredi 11 juin. Le premier exemplaire devait être livré par Airbus à la compagnie en 2019. Les services de communication de l'avionneur européen ont beau minimiser l'importance de cette décision, c'est un sérieux coup dur.

Officiellement, le revirement d'Emirates n'aura pas d'impact sur le programme A350. Cette déconvenue commerciale sera très vite compensée par de nouvelles commandes, assure la direction d'Airbus. C'est sous-estimer la puissance de la compagnie de Dubaï. Elle fait en effet figure de prescriptrice. De nombreux transporteurs scrutent ce qu'elle fait avant de passer commande. Un effet domino n'est donc pas à exclure.

Retour en force de Boeing

L'autre argument d'Airbus, c'est qu'Emirates a revu ses besoins à la baisse. Pourtant, la compagnie a signé dernièrement pour 150 Boeing Triple 7 de nouvelle génération. Une commande qui, elle, n'a pas été annulée. Ces appareils, concurrents direct de l'A350, entreront dans la flotte d'Emirates à partir de 2020.

L'avionneur européen martèle enfin qu'il a reçu plus de 700 commandes pour son nouveau long courrier ultra économique. Reste que ce chiffre est largement insuffisant pour rentabiliser les coûts de développement de ce programme qui dépasse les 11 milliards d'euros. Le retour en force de Boeing sur ce créneau des longs courriers ultra-économique risque de compliquer la donne pour Airbus.

Mathieu Sevin