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Air France: une fin de grève sans accord

Les relations entre personnel au sol et personnel navigant sont plus mauvaises que jamais.

Les relations entre personnel au sol et personnel navigant sont plus mauvaises que jamais. - Air France

La grève la plus longue qu'ait connue la compagnie s'est achevée dimanche, mais rien n'est encore réglé, ce 29 septembre. L'avenir de Transavia n'est pas acté, et l'ambiance au sein de la compagnie est délétère.

Fin d'une grève historique chez Air France, sans ôter à la confusion. Ce 29 septembre, après 14 jours de conflit, le SNPL, le principal syndicat de pilotes d'Air France a annoncé dimanche la fin de la grève. La compagnie aérienne aura perdu près de 300 millions d'euros depuis le début du conflit social. Question trafic, il devrait falloir un ou deux jours pour que tous les avions décollent normalement. Côté entreprise, la question du développement de Transavia France n'est toujours pas réglée.

Pourquoi la grève s'est-elle arrêtée alors? Parce que les pilotes se sont aperçus qu'ils ne pouvaient pas gagner sur tous les tableaux. Il y a eu l'abandon de Transavia Europe la semaine dernière, mais le SNPL voulait plus. Il souhaitait que les pilotes d'Air France amenés à travailler pour Transavia conservent leurs avantages de pilotes Air France.

Des dissensions au sein du SNPL

La direction leur a opposé une fin de non-recevoir: les quelques points de marge que cela lui aurait coûté sont justement ceux qui auraient fait basculer la compagnie de profit à perte. Les pilotes ont donc capitulé parce qu'ils ne se voyaient pas entrer dans une troisième semaine de grève, et parce qu'ils voyaient que la direction, cette fois, ne cédait pas. D'autant que de fortes dissensions en interne commençaient à apparaître, au sein même du SNPL, le puissant syndicat de pilotes.

C'est donc une sortie de crise qui n'en est pas vraiment une. Rien n'est réglé quant à l'avenir de Transavia. Le climat est délétère dans l'entreprise. Entre grévistes et non-grévistes, entre grévistes eux-mêmes, et surtout entre catégories de personnel chez Air France, navigant et au sol. Les relations sont historiquement difficiles entre eux, mais les tensions sont désormais exacerbées.

Le conflit va laisser des traces 

Entre pilotes et direction également, le conflit va laisser des traces. En 2007, la direction de l'époque avait signé avec les pilotes, déjà très craintifs sur la création de Transavia France, un accord pour limiter à 14 le nombre d'avions. Pendant cette grève, l'actuel patron, Alexandre de Juniac, a menacé de déchirer tout simplement cet accord s'il ne trouvait pas de compromis avec les pilotes. La direction aurait aussi envisagé de fonder une Transavia bis qui opérerait à des conditions salariales plus proches de celle de Transavia que d'Air France.

Sachant, comme dit l'adage, qu'on ne peut rien faire chez Air France sans les pilotes, il va être très difficile de renégocier. D'autant que des élections professionnelles sont prévues en mars prochain, qui devrait mener à une guerre entre syndicats au sein de la compagnie. En bref, il faut s'attendre à entendre parler des pilotes d'Air France à nouveau dans les prochains mois. 

Guillaume Paul avec BFMBusiness.com