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Air France et KLM : tensions au sommet

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Dans une récente interview, Hans Smits, le patron du conseil de surveillance de KLM tire à boulets rouge sur l'alliance Air France-KLM.

"C'était un bon mariage. C'est devenu un mauvais mariage". Hans Smits, le président du directoire de KLM et administrateur d'Air France-KLM à vidé son sac devant les caméras de la chaîne publique néerlandaise NOS. Il estime que les dirigeants français n'ont qu'une préoccupation, "se soucier davantage d'assurer leur pouvoir que d'optimiser les profits". Une relation ajoute-t-il, où domine "la rancœur", "la jalousie", "les malentendus". "Nos 33000 employés sont fiers du logo de KLM. Ils ne seront jamais fiers du logo d'Air France, de Delta ou de China Eastern".

Des déclarations qui ont surpris car même si Hans Smits vient de quitter le conseil de surveillance de KLM pour partir à la retraite, il est encore membre du conseil d'administration d'Air France-KLM et donc , en principe, soumis à un droit de réserve. C'est ce qu'explique sur son blog François Robardet, l'administrateur d'Air France-KLM, représentant les salariés actionnaires.

Des déclarations publiques qui résument plutôt bien, explique un analyste, l'état d'esprit qui règne aux Pays-Bas. L'objectif est clair: réequilibrer coûte que coûte la relation entre les deux compagnies. 

En 2018, KLM affiche un résultats d'exploitation de plus d'un milliard contre 266 millions pour Air France. Rentabilité à 9,8% coté néerlandais contre 1,7% coté français.

Les résultats du premier trimestre 2019, publiés aujourd'hui, ne sont d'ailleurs pas meilleurs: résultat d'exploitation de -256 millions d'euros pour Air France (-178 millions d'euros au 1er trimestre 2018) et une marge opérationnelle de -6.9% (-5% au e trimestre 2018).

Dirigeants de KLM, membres du gouvernement, syndicats, beaucoup aux Pays Bas souhaitent le retour aux accord initiaux de 2003. La commission des participations et des transferts prévoyait initialement que chaque compagnie préserve son identité nationale et applique des politiques commerciales différenciées.

Vers une remise à plat de l'alliance?

Apres le raid boursier opéré par l’État néerlandais au mois de février pour remonter au capital, un groupe de travail à été mis en place. Ainsi, Martin Vial, le patron de l'agence des participations de l'Etat (APE) et son homologue néerlandais Christiaan Rebergen passent en ce moment au crible l'organisation du groupe.

Sont étudiés à la loupe la structure du capital, la gouvernance, la composition du conseil administration, le rôle des hubs de Charles de Gaulle et de Schiphol et plus largement la vision stratégique. Ils doivent rendre leur conclusion avant la fin du mois de juin.

"Çà peut redevenir un très bon mariage" conclut Hans Smits, mais cela demandera beaucoup d'efforts".

Parallèlement, la situation semble se compliquer à nouveau sur le front social. Car d'un côté le SNPL à déposé un prévis de grève pour la mi-mai et selon nos confrères de la Tribune, un plan de départ volontaire doit être annoncé le 13 mai prochain en vue de réorganiser la filiale régionale Air France Hop!