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Air France enregistre une perte nette début 2018 creusée par la grève 

Déjà en difficulté, le groupe a annoncé vendredi une perte nette de 269 millions au premier trimestre, dont 75 millions d'euros imputables aux trois jours de grève de février et mars.

Le groupe Air France-KLM a annoncé vendredi une perte nette de 269 millions au premier trimestre, creusée par trois jours de grève, et prévoit un résultat d'exploitation 2018 en "baisse sensible" compte tenu du mouvement social en cours.

Pour tenir compte de l'impact des grèves chez Air France, déjà estimé à "300 millions d'euros minimum sur le résultat d'exploitation", le groupe prévoit pour 2018 un résultat d'exploitation "en baisse sensible par rapport à 2017", où il avait atteint 1,9 milliard d'euros selon de nouvelles normes comptables, a-t-il indiqué dans un communiqué, sans donner d'estimation de la baisse.

Dans un environnement économique pourtant "porteur", avec un trafic en hausse de 5,7%, les trois jours de grève observés en février et en mars ont coûté 75 millions d'euros à la compagnie, les pertes du groupe augmentant de 88% (-143 millions d'euros au premier trimestre 2017), selon un communiqué du groupe. L'impact négatif de chacun des jours de grève chez Air France est estimé entre 25 et 30 millions d'euros.

Résultat de la consultation des salariés

Selon les prévisions de la direction, 75% des vols seront assurés lors de cette nouvelle journée de mobilisation ce vendredi. La mobilisation des pilotes s'effrite: le taux de grévistes s'établit à 21,5% contre 33% au début du mouvement.

Le vote sur le projet d'accord, lancé le 26 avril par voie électronique, sera clos à 18h. Il prévoit de 2018 à 2021, selon la direction, "des augmentations générales de salaire de 7% en quatre ans, s'ajoutant aux augmentations individuelles", contre 1% en 2018 en deux temps initialement.

En annonçant le lancement de cette consultation sans valeur juridique, décidée après l'échec des discussions avec les syndicats grévistes, Jean-Marc Janaillac, 65 ans, aux commandes du groupe Air France-KLM depuis juillet 2016, a averti qu'il quitterait son poste en cas de résultat négatif.

Quelle que soit l'issue de la consultation, le conflit ne sera pas réglé pour autant, l'accord devant être entériné par une majorité syndicale. L'intersyndicale demande 5,1% d'augmentation en deux temps en 2018 (+3,8% en avril et +1,3% en octobre) au titre d'un "rattrapage" nécessaire, après six ans de gel des grilles salariales.

Progression du nombre de passagers transportés

Autre vent contraire pour le groupe Air France-KLM, dû au renchérissement du baril de pétrole sur les marchés, la facture carburant devrait être plus lourde de 350 millions d'euros en 2018.

Sur le plan du trafic, le nombre de passagers transportés au premier trimestre 2018 par le groupe a progressé de 4,4% pour atteindre 19,3 millions, porté par la demande sur le long-courrier et le dynamisme de la "low cost" Transavia.

En revanche, dans le moyen-courrier, "la recette unitaire a baissé de 8,9%", selon la compagnie, citant parmi les raisons "la nouvelle concurrence du TGV sur Bordeaux et la Bretagne".

J.-C.C. avec AFP