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Tories et LibDems évoquent des "progrès" dans leurs discussions

William Hague (au centre), l'un des négociateurs des Tories. Conservateurs et libéraux-démocrates britanniques évoquent des progrès dans leurs tractations pour former un gouvernement de coalition, après le scrutin législatif de jeudi qui n'a dégagé aucune

William Hague (au centre), l'un des négociateurs des Tories. Conservateurs et libéraux-démocrates britanniques évoquent des progrès dans leurs tractations pour former un gouvernement de coalition, après le scrutin législatif de jeudi qui n'a dégagé aucune - -

par Peter Griffiths et Mohamed Abbas LONDRES - Conservateurs et libéraux-démocrates britanniques évoquent des progrès dans leurs tractations pour...

par Peter Griffiths et Mohamed Abbas

LONDRES (Reuters) - Conservateurs et libéraux-démocrates britanniques évoquent des progrès dans leurs tractations pour former un gouvernement de coalition après le scrutin législatif de jeudi qui n'a dégagé aucune majorité au parlement.

Avec 306 élus à la chambre des Communes, les Tories sont devenus de loin la première force politique du pays mais vingt sièges les séparent de la majorité absolue.

Gordon Brown, dont le Parti travailliste est arrivé en deuxième position devant les libéraux-démocrates, reste pour le moment Premier ministre.

Ni les conservateurs de David Cameron ni les libéraux-démocrates de Nick Clegg, le "troisième homme" incontournable de la politique britannique, n'ont fourni de précisions sur la nature des progrès réalisés pour tenter de former le premier cabinet de coalition depuis les années 1970.

Leurs pourparlers, auxquels Cameron et Clegg ne participent pas personnellement, sont centrés sur les moyens de redresser l'économie et de réduire le déficit budgétaire record du pays après la crise financière mondiale.

"Nous avons fait de nouveaux progrès. Nous allons maintenant rendre compte à David Cameron et consulter nos collègues parlementaires", qui se réunissent dans la soirée, s'est borné à déclarer le négociateur conservateur William Hague.

Son homologue libéral-démocrate Danny Alexander a évoqué pour sa part de "bons progrès".

Mais on ignore si les deux partis sont proches ou non d'un accord que, selon le chancelier de l'Echiquier sortant Alistair Darling, les marchés financiers attendent avec impatience.

La chaîne de télévision Sky News a fait état dans l'après-midi d'un "accord sur les grandes lignes" mais aucun des deux partis n'a voulu le confirmer.

DES MARCHÉS IMPATIENTS

Les principaux désaccords entre Tories et LibDems portent sur l'immigration, les relations avec l'Union européenne et la loi électorale, dont ces derniers souhaitent une réforme pour y introduire une dose substantielle de proportionnelle.

Brown espère qu'ils seront suffisamment irréductibles pour lui fournir une chance de conclure lui-même une alliance avec le parti de Nick Clegg et se maintenir au pouvoir.

Si l'attention des marchés s'est concentrée ce week-end sur le plan de sauvetage de l'économie grecque et de défense de l'euro concoctée par l'UE avec le concours du Fonds monétaire international, elle se reporte maintenant sur la situation à Londres.

"La patience des marchés au sujet de la situation politique britannique a ses limites", souligne Howard Archer, économiste en chef chez IHS Global Insight.

Un échec des pourparlers entre conservateurs et libéraux soulèverait de sérieux doutes sur la stabilité d'une alliance entre ceux-ci et les travaillistes, avec l'appoint indispensable de petites formations.

Selon la BBC, les négociateurs de Clegg ont rencontré secrètement ce week-end des dirigeants du Labour. Aucun des deux partis n'a souhaité commenter cette information.

Les analystes trouvent un réconfort dans l'affirmation par les conservateurs et les libéraux que la réduction du déficit budgétaire, qui atteint 11% du PNB, serait la pièce maîtresse de leur éventuelle coalition.

Marc Delteil pour le service français, édité par Guy Kerivel