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Thème n° 3 : Marges arrières et vente à perte

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Les marges arrières sont les sommes qui sont versées par les fournisseurs, en échange de promotions de leurs produits dans les magasins.

G C : Le projet de loi que vous défendez sur la consommation sera débattu dans quelques jours à l’Assemblée Nationale, il a déjà été adopté en conseil des ministres. Il y a notamment la réforme de la loi Galland avec la suppression partielle des marges arrières. Qu’est-ce que ça va changer concrètement pour les consommateurs, les clients de ces magasins ?
L C : Jusqu’à maintenant le consommateur était tenu à l’écart des négociations qui avaient lieu entre grands industriels et grands distributeurs. En gros c’était lui qui payait la facture. Depuis deux ans, on a rebasculer une partie des marges arrières aux consommateurs et il y a déjà eu une baisse de 3,4% de produits de grande marque dans les hypersmarchés ; au 1er janvier nous allons remettre dans les prix cette deuxième moitié. Ça va se traduire, sur une période de quelques mois, par une nouvelle concurrence, une nouvelle transparence sur les prix et nous en attendons une baisse de prix sur les produits de grande marque.

G C : La Commission Attali qui a été annoncé par Nicolas Sarkozy propose une sorte de libéralisation de la grande distribution avec notamment la possibilité de revendre à perte, ce qui n’est pas possible aujourd’hui. Est-ce que c’est une bonne idée ou est-ce que ça vous parait risqué pour le commerce ?
L C : La Commission Attali a fait du bon travail parce qu’elle a été voir comment la France se situait par rapport à d’autres pays en matière de distribution, de commerce, de relations Industries/Commerce. Elle a fait le constat que je partage : les législations qui ont été mises en place au milieu des années 90 en France, à la fois sur les relations industries/commerce et sur l’implantation de nouveaux magasins, ont eu un effet pervers sur l’économie. On n’a pas empêché l’ouverture de grandes surfaces. On n’a pas empêché que le commerce alimentaire de centre ville ferme ses portes.

G C : On a limité les dégâts quand même ?
L C : Peut être qu’on a limité les dégâts. Mais est-ce que c’est suffisamment raisonnable. Nous pensons qu’il y a des réserves d’emplois, de croissance, dans l’économie du commerce et pas uniquement la grande distribution alimentaire. Nous souhaitons remettre tout à plat. Nous le faisons tout de suite avec la réforme de la loi Galland en maintenant l’interdiction de vente à perte. C’est peut être le point de désaccord que j’ai vis-à-vis de la Commission Attali ; je pense qu’on doit maintenir le principe d’interdiction de vente à perte pour ne pas tomber dans des prix prédateurs qui auraient un effet pervers sur l’ensemble de la chaîne. On va travaillé sur le reste de la Commission Attali : l’objectif étant de l’emploi et de la croissance dans le commerce.

G C : Avec la revente à perte on parle évidemment des prix plus attractifs pour les consommateurs. Est-ce que vous pensez que le discount, que l’industrie aussi du low-cost est suffisamment développée en France ou il y a encore de la marge pour ce type d’industrie, de prestataires de services aussi ?
L C : C’est précisément parce que je pense qu’il y a de la marge de progression du low-cost, de manière générale dans l’économie, que j’ai demandé à Charles Beigbeder de travailler sur cette question. Avant la fin de l’année il me fera des propositions. Effectivement l’économie du low- cost s’est développée dans les transports aériens. Ça a beaucoup apporté.

La rédaction-Bourdin & Co