BFM Business

Taxe Gafa: plusieurs produits français sous la menace de nouvelles taxes aux Etats-Unis

L'administration américaine annonce des représailles contre Paris en réaction à la taxe Gafa mais va geler leur application

L'administration américaine annonce des représailles contre Paris en réaction à la taxe Gafa mais va geler leur application - AFP

Comme la France, qui a adopté la taxe Gafa en juillet 2019 avant de geler sa collecte jusqu'à la fin de l'année 2020, les États-Unis vont imposer des taxes douanières à certaines produits français en représailles mais geler leur application.

L'administration Trump devrait annoncer prochainement des mesures de rétorsion visant des produits français pour punir Paris d'avoir instauré une taxe sur les géants technologiques américains mais va geler leur application, selon le négociateur commercial en chef, Robert Lighthizer.

"Nous allons annoncer que nous allons prendre des sanctions contre la France et les suspendre comme elle l'a fait pour la collecte de sa taxe (sur les géants du numérique) pour le moment", a déclaré le représentant américain au Commerce lors d'une intervention virtuelle jeudi devant la Chatham House, un institut politique basé à Londres.

Le même jour, le secrétaire américain au Trésor Steven Mnuchin avait indiqué sur CNBC qu'il avait eu des discussions approfondies sur le dossier avec Robert Lighthizer, mais qu'aucune décision n'avait été prise pour le moment. "Nous allons passer (le dossier) en revue avec le président" Donald Trump, a-t-il également ajouté.

Les fromages et sacs à main visés

Le Parlement français avait définitivement adopté le 11 juillet 2019 l'instauration d'une taxe sur les géants du numérique, faisant de la France un pays pionnier en matière d'imposition des "Gafa" (acronyme désignant Google, Amazon, Facebook et Apple) et autres multinationales accusées d'évasion fiscale. Mais la collecte de la taxe est gelée jusqu'à la fin de cette année.

En juillet 2019, l'administration Trump avait annoncé qu'elle lançait une enquête pour mesurer les effets d'une telle taxe sur les entreprises américaines.

L'hôte de la Maison Blanche, qui a pris des mesures tarifaires agressives contre ses alliés et ses rivaux, avait menacé de droits de douane à 100% sur les produits français, notamment les fromages, les produits de beauté et les sacs à main. 

Echec des négociations

L'enquête de l'USTR (le bureau du représentant américain au commerce) s'était achevée en janvier et avait conclu que la taxe était "déraisonnable" et discriminatoire à l'égard des entreprises américaines. Elle a été suivie d'une période de commentaires et de demandes d'exemptions pour certaines marchandises, qui doit prendre fin prochainement.

À l'automne 2019, le dossier semblait pourtant sur la voie d'une résolution diplomatique. Le projet d'accord prévoyait alors de laisser en place le nouvel impôt français sur l'activité des grands groupes de technologie (Gafa) jusqu'à l'entrée en vigueur d'un nouveau plan fiscal international négocié dans le cadre de l'OCDE. Mais ces discussions multilatérales ont pour l'heure échoué.

Le 17 juin, prenant acte de l'absence de progrès sur le dossier, Steven Mnuchin avait annoncé une pause dans les discussions, suscitant la réprobation des pays partenaires et la crainte de la France de se voir imposer des tarifs douaniers sur des produits phares comme le vin.

QS avec AFP