BFM Business

Une start-up prouve les bienfaits anti-vieillissement de la grenade

Une substance issue de la grenade permet de relancer le mécanisme de recyclage des mitochondrie, au sein des cellules.

Une substance issue de la grenade permet de relancer le mécanisme de recyclage des mitochondrie, au sein des cellules. - Flickr cc - Samuel Huron

Une start-up suisse vient de prouver les bienfaits de l'urolithin A, une molécule issue de la grenade.

La lutte contre le vieillissement fait l’objet de bien des fantasmes. Bien éloigné du transhumanisme, qui entend surmonter les limites biologiques de l’Homme grâce à la technique, des scientifiques suisses axent leurs travaux sur la prévention et la guérison par la nutrition. En 2007, Pierre Landolt, Patrick Aebischer et Chris Rinsch s’associent pour fonder la start-up Amazentis. Ils sont convaincus que la grenade et le soja n’ont pas livré tous leurs secrets.

Après plusieurs années de recherches, aidés par d’autres chercheurs du parc d’innovation de l’Ecole Polytechnique fédérale de Lausanne, ils ont publié début juillet un article scientifique dans la revue scientifique internationalement reconnue Nature medecine. Ils y dévoilent les bienfaits de l’urolithin A.

Recyclage des mitochondries

Cette molécule ne se trouve pas directement telle quelle dans la grenade. Elle est produite lors de la digestion, suite à une transformation opérée durant le transit intestinal. Cela fonctionne chez certains sujets et pas d’autres, en fonction des bactéries présentes dans l’intestin.

Or, cette urolithin A a pour effet de relancer le recyclage des mitochondries, ces acteurs de la respiration cellulaire, aussi considérés comme leur "usine énergétique". Cette substance relance le mécanisme de nettoyage des mitochondries. Lorsqu’un individu vieillit, ces mitochondries fonctionnent souvent moins bien, ce qui entraîne par exemple le vieillissement musculaire, ainsi que d’autres dégénérescences, parmi lesquelles la maladie de Parkinson.

La découverte de l’urolithin A ouvre donc la voie à une prévention du vieillissement musculaire, voire à sa guérison. L’article scientifique paru en juillet rapporte des résultats concluants lors de tests sur des vers et des rongeurs. Amazentis travaille même déjà à la mise au point d’une urolithin A de synthèse destinée à l’homme afin de contourner l’incertitude des différences de digestion de la grenade d’un individu à un autre. Elle pourrait ensuite être commercialisée sous forme d’alicament et même de médicaments. Confiant, le PDG de la start-up innovante confiait début juillet au magazine économique suisse Bilan : "Les premiers résultats cliniques sur l’homme nous laissent envisager une commercialisation assez rapide".

Un marché potentiel considérable

Un potentiel dans lequel quelques milliardaires suisses ont cru très tôt, sans même attendre ces résultats scientifiques particulièrement prometteurs. La start-up Amazentis a ainsi profité en 2015 d'investissements de la part de la famille Bertarelli (8ème fortune suisse) via son fonds Waypoint Capital. L’entrepreneur suisse Hansjörg Wyss, 10ème fortune du pays, a également investi dans cette jeun epousse. Les montants consentis n'ont toutefois pas été rendus publics.

Si les effets de l’urolithin A se confirment, le marché potentiel s’annonce considérable. Il serait même "comparable à celui de la vitamine C ou des omégas 3", écrit le magazine économique suisse Bilan, qui publiait il y a quelques jours un long article sur la start-up Amazentis. Des segments de marché qui représentent plusieurs milliards d'euros de chiffre d'affaires annuels. De quoi assurer de rapides retours sur investissements.

Adeline Raynal