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TER: la région Occitanie dénonce la piètre qualité du service de la SNCF

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Un an après avoir signé une convention avec la SNCF, la présidente de région, Carole Delga (PS), se plaint de retards récurrents (16000 trains par an en moyenne) et de suppressions de TER à répétition (4000 l'an). L'Occitanie a prévu 75 millions d'euros d'entretien des voies ferrées.

L'Occitanie n'est pas du tout satisfaite du service des TER de la SNCF avec laquelle elle avait pourtant signé une convention il y a un an en vue d'améliorer la situation. C'est apparemment tout le contraire qui s'est passé sur les douze derniers mois, selon le quotidien régional La Dépêche.

La présidente de région, Carole Delga (PS), a dressé un bilan sévère puisque les retards affectent plus de 40 trains par jour en moyenne, soit 16.000 trains. Certains axes sont carrément sinistrés. Rien qu'au mois d'octobre 2018, 30 % des trains sur la ligne Toulouse-Ariège ont enregistré des retards et 31 % au mois de novembre sur la ligne Narbonne-Nîmes. Les voyageurs de la région ont subi plus de 4000 suppressions des trains en un an.

Conséquence de cette mauvaise qualité de service, la région a même dû appliquer à la SNCF des pénalités financières, prévues dans la convention qu'elle venait de signer, de l'ordre de 700.000 euros. Cette somme a été entièrement affectée aux voyageurs abonnés, auxquels la région a offert un mois d'abonnement.

La région est insatisfaite de l'entretien des voies ferrées

La qualité notoirement insuffisante du service des TER dans la région avait déjà été relevée par l'Arafer (autorité de régulation des transports) dans son bilan 2017 sur le marché français du transport ferroviaire de voyageurs. Les régions Midi-Pyrénées et Languedoc-Roussillon (qui forment l'Occitanie aujourd'hui) figuraient déjà sur le podium (respectivement en 3ème et 2ème place) des régions dont les services TER affichaient le taux de retard le plus élevé (plus de 5 mn au terminus) : avec respectivement 14% et 19%.

La région Occitanie est également mécontente du retard pris par la SNCF dans l'entretien des voies ferrées. "Pour assurer la pérennité du réseau jusqu'en 2021, je vais proposer une intervention exceptionnelle à hauteur de 75 millions d'euros pour réaliser un ensemble de travaux d'urgence, faute de quoi 40 % du réseau va se dégrader, avec évidemment des menaces de fermetures de lignes" a commenté Carole Delga qui n'envisage pas pour le moment, de profiter comme les régions PACA et Hauts-de-France de l'ouverture à la concurrence des lignes régionales en 2023 pour "secouer" le monopole de la SNCF.

Frédéric Bergé avec AFP