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Pourquoi Bouygues a dit non à l'offre de SFR-Numericable

Martin Bouygues a donc refusé l'offre d'Altice

Martin Bouygues a donc refusé l'offre d'Altice - Eric Piermont - AFP

Le conseil d'administration de Bouygues a refusé l'offre formulée par Patrick Drahi qui proposait 10 milliards d'euros pour racheter la filiale télécoms du groupe.

La surprise est grande. Le Conseil d'administration de Bouygues a décidé de ne pas donner suite à l'offre de Patrick Drahi, le patron de SFR-Numericable, qui avait mis 10 milliards d'euros sur la table pour racheter Bouygues Telecom.

Et il s'agit d'un non des plus catégoriques si l'on en croit le communiqué publié par Bouygues ce mardi 23 juin.

"Le conseil d'administration a décidé à l'unanimité, après un examen approfondi, de ne pas donner suite à l'offre non sollicitée du groupe", peut-on ainsi lire dans le document.

Une somme colossale mise en jeu

Ce refus constitue une surprise compte tenu du montant mis en jeu par Patrick Drahi pour racheter la filiale télécoms du groupe Bouygues. Avec 10 milliards d'euros, cette offre excédait largement les estimations faites par les analystes d'Exane BNP Paribas qui valorisent Bouygues Telecom à seulement...3 milliards d'euros, soit trois fois moins!

Sur Twitter, Bouygues Telecom se montre taquin. Le compte de l'opérateur télécoms a ainsi accompagné d'un smiley ;) le tweet renvoyant à l'annonce de ce refus officiel.

Le motif de ce camouflet? "L'offre représente un risque d'exécution important qu'il ne revient pas à Bouygues d'assumer, en particulier en matière de droit à la concurrence", indique l'entreprise dans son communiqué.

"Aucune réponse pleinement satisfaisante n’est apportée par Altice (la maison-mère de SFR-Numericable, ndlr) sur ce sujet essentiel qui serait étudié en détail par l’Autorité de la concurrence. En outre, elle ne prend pas en compte le lancement imminent de la procédure d’attribution des fréquences 700 MHz et ses conséquences sur l’opération", poursuit-elle.

Une source proche du dossier citée par les Echos vient apporter d'autres éléments. "L'acheteur (Altice-SFR-Numericable, ndlr) manquant de fonds propres, il n'était pas en mesure de garantir le deal", explique-t-elle. Dès lors le conseil d'administration de Bouygues a considéré que le risque "serait nécessairement supporté par le vendeur, ce qui n''était pas envisageable". En outre, toujours selon cette même source, Bouygues se serait préoccupé "du risque social" que représentait l'opération.

Ce refus sonne donc le glas des espoirs de Patrick Drahi qui voulait récupérer les quelque 11 millions d'abonnés mobile (et 2 millions sur le fixe) que compte Bouygues Telecom. Ce qui l'aurait propulsé à la tête d'un géant des télécoms, l'homme d'affaires franco-israëlien ayant déjà racheté le groupe SFR en mars 2014 après une bataille épique face à... Bouygues Telecom.

J.M.