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Pour Uber, la voiture autonome ne va pas détruire mais créer des emplois

Son fondateur, Travis Kalanick, a assuré qu'en investissant dans la voiture autonome, sa société Uber va créer des emplois et non en détruire. Démonstration.

Lire, s'amuser, discuter et même dormir tout en se laissant transporter par sa voiture. Si beaucoup rêvent du jour où ils pourront rouler sans conduire, l'arrivée de la voiture autonome en effraie bien d'autres. Que va-t-il advenir des millions de personnes qui gagnent leur vie en conduisant, tels les chauffeurs de taxis, transporteurs routiers ou taxis? Comme toutes les grandes innovations technologiques, la voiture autonome est perçue comme un risque pour l'emploi.

Des craintes aujourd'hui réfutées par la patron d'Uber, Travis Kalanick. Au moment même où sa société annonce un partenariat avec Volvo pour la construction de voitures autonomes ainsi que le déploiement de sa première flotte de véhicules de ce type à Pittsburgh à la fin du mois, l'entrepreneur américain a tenu à répondre aux critiques. Dans une interview accordée jeudi 18 août à Business Insider, il a assuré qu'avec cette nouvelle activité, sa société allait créer des emplois, pas en détruire: 

"Je ne pense pas que le nombre de chauffeurs va bientôt décliner. En réalité, je pense que dans un monde autonome il va augmenter."

Une hausse en valeur absolue

Pour arriver à cette conclusion, Travis Kalanick a fait auprès du site d'information américain la démonstration suivante: 

"Si vous parlez d'une ville comme San Francisco, nous avons environ 30.000 conducteurs actifs. Or, supposons que nous passons de 30.000 à disons un million de voitures. Même quand vous aurez un million de voitures, vous aurez toujours besoin d'un système de conduite parallèle assuré par l'homme ou de façon hybride. Cela parce qu'il y a des endroits où les voitures autonomes ne pourront tout simplement pas aller ou des conditions qu'elles ne seront pas capables de gérer. J'imagine qu'il y aura alors 50.000 à 100.000 conducteurs humains, même s'ils représenteront un plus petit pourcentage parmi le million de voitures."

En chiffre absolu, le futur comptera donc plus de chauffeurs selon le patron d'Uber. À condition tout de même que le nombre de voitures en circulation explose bien comme il le suppose, ce qui n'est certain étant donné le développement des modes de transports alternatifs et celui du partage de véhicules.

Pour expliquer la hausse du nombre d'emplois grâce à la voiture autonome, Travis Kalanick avance un autre argument, indéniable celui-ci: cette technologie va créer de nouveaux besoins et donc de nouveaux métiers qui vont recruter.Il cite en guise d'exemple l'arrivée du téléphone portable qui a créé "toute une nouvelle industrie".

Uber rachète Otto

Jeudi, Uber a également annoncé le rachat de la start-up californienne Otto, qui développe des logiciels pour les véhicules autonomes. "L'un des cofondateurs d'Otto, Anthony Levandowski, sera désormais chargé de diriger les efforts d'Uber dans le développement des véhicules sans conducteurs", a indiqué Travis Kalanick dans un blog, cité par l'AFP. 

Le montant de l'acquisition n'a pas été indiqué, tant Uber qu'Otto n'étant pas cotés en Bourse, mais la presse américaine évoque près de 700 millions de dollars.

Otto, qui emploie environ 90 personnes, s'était fait connaître en mai en annonçant qu'il travaillait sur un logiciel de conduite autonome destiné aux camions. Ses fondateurs, Anthony Levandowski et Lior Ron, ont travaillé respectivement dans le passé sur les projets de voiture sans chauffeur Google Car et de cartographie Google Maps.

Ma. G.