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Orange pourrait pâtir de l'ouverture de Cuba

Orange mène des discussions avec le seul opérateur téléphonique cubain.

Orange mène des discussions avec le seul opérateur téléphonique cubain. - Denis Charlet - AFP

Orange s'était positionné sur l'ile. Mais le réchauffement des relations de Cuba avec les Etats-Unis va lui amener une grande concurrence.

Début, ce 21 janvier, de discussions historiques à la Havane entre dirigeants cubains et américains. Il s'agit de la première rencontre officielle depuis 35 ans pour engager un dialogue entre les deux pays. Les débats à huis clos sont menés par le sous-secrétaire d'État pour les Amériques Alex Lee, et côté cubain par la directrice des États-Unis au ministère des Affaires étrangères, Josefina Vidal.

"A Cuba, nous mettons un terme à une politique qui a dépassé sa date d'expiration. Quand ce que vous faites ne marche pas pendant 50 ans, il est temps d'essayer quelque chose de nouveau", a tenu à rappeler mardi soir le président américain dans son discours sur l'état de l'Union.

Une normalisation qui a évidemment des conséquences sur le business, notamment pour Orange. L'opérateur français a déjà avancé ses pions à Cuba, mais le groupe de Stéphane Richard risque de devoir compter avec la concurrence des Américains.

En juillet dernier, le groupe français a mené, en toute discrétion, des discussions avec le seul opérateur téléphonique cubain. Selon l'Expansion, ce contrat prévoit qu'Orange offre à son homologue cubain ses services, produits et tarifs (notamment dans la vente d'accessoire, de téléphones et d'offres pour les touristes se rendant à Cuba).

Développer les télécommunications entre les Etats-Unis et Cuba

Le français s'est aussi engagé à créer sur l'ile un institut dédié aux technologies, "un institut sur le territoire de la République de Cuba, dédié à la formation nationale et régionale centré sur la région de l'Amérique latine et les Caraïbes". Il faut dire que Cuba, très en retard dans l'accès à internet, aiguise les appétits. Il est relié au Venezuela par un câble sous-marin et offre des débits peu élevés à des prix prohibitifs. L'idée étant de limiter l'accès de la population à l'information mondiale.

Mais le retour des Américains risque de mettre à mal les intérêts d'Orange. Barack Obama n'a pas caché son intention de développer les télécommunications entre les deux pays.

En juin dernier, déjà, le président de Google, Eric Schmidt, avait fait le déplacement à la Havane. Stéphane Richard, interrogé par l'Expansion, se veut rassurant. Selon lui, les changements de la politique américain ne remettent pas en cause les négociations entre Orange et les autorités cubaines.

Simon Tenenbaum avec BFMBusiness.com