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Mobile: Orange espère toujours une consolidation

La bourse, qui espère une consolidation, a applaudi aux déclarations de Stéphane Richard

La bourse, qui espère une consolidation, a applaudi aux déclarations de Stéphane Richard - Eric Piermont-AFP

Le PDG Stéphane Richard a souhaité à nouveau, ce 13 janvier, un passage à trois opérateurs en 2015. Mais il a prévenu qu'il n'en serait pas l'initiateur.

Mardi 13 janvier, Stéphane Richard a présenté ses voeux à la presse. Et à cette occasion, le PDG d'Orange a répété son voeu le plus cher: une réduction du nombre d'opérateurs en France.

"J'ai toujours l'idée d'une consolidation. On peut tout à fait voir une consolidation. Je pense qu'il va se passer quelque chose en 2015", a-t-il espéré.

Selon lui, "iI n'y a pas de doutes sur trois opérateurs, mais il y a un doute sur quatre opérateurs. Personne ne peut démontrer que le marché français peut vivre de manière durable à quatre."

Qui a les moyens de faire un gros chèque?

Premier argument de Stéphane Richard: "la situation économique exerce une pression naturelle vers la consolidation, vu le niveau des investissements". En particulier, les opérateurs vont devoir casser leur tirelire cette année pour se payer des fréquences dans la bande des 700 mégahertz. A cette occasion, "on va voir qui a les moyens de faire un gros chèque. Cela va permettre de voir quelles sont les intentions sur le marche français..."

Second argument: "les niveaux de marge sont limités sur le marche français, et même en-dessous des standards pour certains acteurs. Notre niveau de marge en France est de 5 à 10 points inférieur à celui de nos homologues historiques européens".

Dernier argument: la consolidation a déjà eu lieu chez plusieurs de nos voisins, et donc "je ne vois pas pourquoi la France serait le seul pays qui échapperait aux réalités économiques".

Qui mangera qui?

Reste une question de taille: qui mangera qui? Certes, Numericable SFR souhaite avaler Bouygues Telecom. "Cela peut se faire de ce côté", suggère Stéphane Richard.

Mais Bouygues Telecom assure ne plus être à vendre. Et Free refuse de participer à toute consolidation, comme l'a répété Xavier Niel le 4 novembre sur BFM Business. Ces déclarations "ne font pas dans la modestie", a taclé mardi Stéphane Richard.

Quant à Orange, "nous sommes prêts à participer à une opération de ce type, mais nous n'en serons pas le fer de lance. On est les plus mal placés, car cela est difficile à faire accepter par l'Autorité de la concurrence et par Bruxelles. Donc si cela se passe en dehors de nous, c'est bien! J'ai essayé en 2014, je n'y suis pas arrivé, donc j'ai refermé le dossier".

Suite à ces déclarations, l'action Orange gagnait mardi matin +0,4%. C'était peut être l'objectif de ces propos, car les investisseurs espèrent vivement une réduction du nombre d'opérateurs mobiles, qui permettrait de faire remonter les prix, et donc les marges.

Jamal Henni