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Les pubs liées aux crypto-monnaies bannies de Facebook et Instagram

Facebook va interdire toute publicité relative aux cryptomonnaies afin de parer les tentatives d'escroquerie

Facebook va interdire toute publicité relative aux cryptomonnaies afin de parer les tentatives d'escroquerie - Philippe Lopez - AFP

Après le scandale financier d'AriseBank qui, pour lever 600 millions de dollars a passé des pubs sur Facebook, le géant californien a décidé de bannir de ses plateformes les publicités liées aux crypto-monnaies, ICO et bitcoin compris.

Escroquerie et tromperie. Ces mots ont été lâchés par Rob Leathern, directeur de la gestion des produits chez Facebook, pour expliquer que "les produits et services financiers fréquemment associés à des pratiques promotionnelles fallacieuses et trompeuses" n'ont plus la possibilité de passer d’annonces publicitaires sur les plateformes du groupe, à savoir Facebook, Audience Network, ou encore Instagram. Ce nouveau règlement vise tout particulièrement les crypto-monnaies, mais aussi les ICO (Initial coin offerings), qui désignent les levées financières en monnaie virtuelle. Leur spécificité est de ne pas ouvrir le capital de l'entreprise aux cyber-investisseurs.

La décision de Facebook intervient quelques jours après que le scandale de l’Arisebank a fait les gros titres de la presse américaine. Cette entreprise texane s’est fait épingler par la Commission des opérations de bourse américaine (SEC) après avoir lancé un ICO qui lui a permis de lever 600 millions de dollars en deux mois sur un objectif d’un milliard.

Pour rassurer les investisseurs, AriseBank s'est fait passer pour une banque décentralisée assurée par la Federal Deposit Insurance Corporation. Et pour mieux les amadouer, elle s’est payée des publicités sur Facebook avec la participation d’Evander Holyfield, ancien multiple champion du monde de boxe. Selon la SEC qui a déposé une plainte, cette opération qui n'était qu'une "fraude" a été stoppée. Le régulateur américain a aussi gelé les actifs d'AriseBank et ceux des deux dirigeants afin qu'ils ne puissent pas réinvestir les fonds.

Facebook veut apprendre à repérer les arnaques

Cette affaire n'est pas la seule à ternir l'image des ICO. Selon une étude d'EY, sur les 3,7 milliards de dollars amassés en 2017 dans ces levées, 400 millions de dollars, soit plus de 10% se sont purement et simplement volatilisés. "On ne sait pas exactement s'ils ont été perdus ou volés", indique le rapport.

Ces scandales financiers vont-ils pour autant pénaliser l’ensemble des acteurs de cette nouvelle finance sur les réseaux sociaux? "Cette politique s'applique volontairement de manière large", explique Rob Leathern qui se donne pour mission de mieux repérer les pratiques fallacieuses et trompeuses.

Les publicités sur les crypto-monnaies pourraient donc à terme revenir sur Facebook, "au fur et à mesure", précise Rob Leathern en expliquant qu'il est nécessaire de permettre au public de "découvrir et apprendre à connaître de nouveaux produits et services", mais "sans craindre des escroqueries ou des tromperies".

Simple hasard, Tyler et Cameron Winklevoss, les jumeaux qui avaient attaqué en justice Mark Zuckerberg sur la création de Facebook, sont devenus en décembre les premiers milliardaires en bitcoin. En 2013, ils avaient acheté pour 11 millions de dollars de bitcoin à 120 dollars. Cette valeur qui est montée à près de 20.000 dollars fin 2017, tourne aujourd'hui autour des 10.000 dollars. Début janvier, Mark Zuckerberg, fondateur et président de Facebook, a lui annoncé que l'ouverture de ses plateformes au bitcoin n'était pas à l'ordre du jour.

https://twitter.com/PascalSamama Pascal Samama Journaliste BFM Éco