BFM Business

Les premiers déboires d'Alphabet sur le web

Le site web d'Alphabet, la nouvelle entité de Google, a été censuré moins de 24 heures après sa mise en ligne, par les autorités chinoises.

Le site web d'Alphabet, la nouvelle entité de Google, a été censuré moins de 24 heures après sa mise en ligne, par les autorités chinoises. - Mark Wilson-Getty Images North America-AFP

La nouvelle maison-mère de Google ne peut utiliser alphabet.com, pris par BMW de même que le compte Twitter éponyme. Et la Chine censure déjà l'adresse abc.xyz retenue par Alphabet, sur son territoire.

Alphabet n'est pas forcément bien né, du point de vue d'Internet. En choisissant ce nom générique pour leur nouvelle maison-mère, les fondateurs de Google ne lui ont pas donné toutes les chances d'apparaître en tant que tel, sur le web mondial.

Le géant américain a d'abord dû déroger à la règle de base qui consiste à utiliser la raison sociale d'une société nouvelle créée, comme base de son adresse web.

En l'occurrence, il n'était pas question d'employer l'adresse alphabet.com déjà utilisée par BMW, pour sa filiale spécialisée pour la location longue durée de gestion de flotte de véhicules d'entreprise. Un comble quand on connaît les hautes ambitions de Google dans la voiture sans conducteur!

Prenant l'affaire au sérieux, le constructeur automobile allemand a indiqué vérifier si Google avait porté atteinte à ses droits, le nom choisi pour la future holding Alphabet étant déjà déposé par l'entreprise allemande.

Google ne pouvait pas non plus utiliser abc.com qui est l'adresse de la chaîne de télévision américaine bien connue ABC (bien que son site soit redirigé vers abc.go.com).

Il a donc opté pour l'adresse www.abc.xyz, que d'aucuns trouvent géniale mais qui a été parasitée par des petits malins. Ceux-ci ont créé abc.wtf, qui redirige l'internaute vers le moteur de recherche Bing... de Microsoft .

Pour le moment, le site d'Alphabet se contente de publier un long message de Larry Page, le co-fondateur de Google, assorti d'un lien hypertexte vers des informations financières de la firme.

Les autorités chinoises, comme elles l'ont déjà fait avec le moteur de recherche de Google, n'ont mis que quelques heures à interdire l'accès à ce site, grâce à leur puissant (et efficace) système de filtrage et de censure de l'internet.

Par ailleurs, le compte Twitter répondant au nom alphabet est détenu par un citoyen américain, Chris Andrikanich, qui a été bien étonné d'apprendre hier soir (lundi 10 août) que sa notoriété avait d'un seul coup grandi sur le réseau social.

Il a réagi, avec un humour bien anglo-saxon, à l’annonce de Google, en publiant un post sur Twitter : "Eh bien, c’était une façon intéressante de terminer un lundi...". Serait-il déjà convaincu de sa bonne fortune ?

Frédéric Bergé