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Les opérateurs mobiles s'engagent à éliminer les "zones blanches" en 3 ans

Free, SFR, Bouygues Telecom et Orange s'engagent à investir chacun dans 5000 pylônes supplémentaires, soit 3 milliards d'euros pour les 4 opérateurs à investir d'ici 3 ans. En contrepartie, l'État ne monnaiera pas la réattribution de leurs fréquences mais rendra contraignants leurs engagements de couverture radio.

Les zones où la téléphonie mobile ne passe pas ou très mal devraient voir bientôt la fin de leur mise à l'écart. Les quatre principaux opérateurs de téléphonie mobile en France vont investir plus de 3 milliards d'euros dans le but d'éliminer les "zones blanches", a indiqué le secrétaire d'État Julien Denormandie, dans un entretien au Journal du Dimanche.

Grâce à cet accord avec le gouvernement, "il n'y aura plus de zones blanches, identifiées par les élus locaux, où des Français vivent sans avoir accès à une téléphonie de qualité", a-t-il assuré, évoquant une échéance de trois ans, c'est à dire avant la fin du quinquennat d'Emmanuel Macron.

Le secrétaire d'État auprès du ministre de la Cohésion des territoires a précisé que les opérateurs s'étaient engagés ensemble "à consentir plus de 3 milliards d'euros d'efforts financiers pour y arriver", chaque opérateur devant notamment fournir "5.000 installations supplémentaires". Dans certains endroits, ils devront mutualiser leurs équipements, c'est à dire partager les pylônes hébergeant les antennes-radio. Reste à savoir dans quelles proportions Orange, SFR et Bouygues Telecom accepteront une extension de la mutualisation des infrastructures, ce qui reviendrait à donner un coup de pouce à Free, qui n'est arrivé qu'en 2012 dans le mobile.

"Par ailleurs ils s'engagent aussi à couvrir les principaux axes de transport dont les 30.000 kilomètres de lignes ferroviaires, lignes de TER comprises", a ajouté le secrétaire d'État, qui a écarté tout financement de la part de l'État.

"Pas un centime d'argent budgétaire !", a-t-il assuré. Selon lui, le gouvernement a renoncé à mettre aux enchères le renouvellement à venir de fréquences "en contrepartie d'une accélération massive de vos déploiements d'infrastructures". Pour rappel, les dernières enchères avaient rapporté en 2015 2,8 milliards d’euros à l’État pour les fréquences 700 MHz.

L'accord prévoit également un déploiement "massif" de la 4G, a affirmé le secrétaire d'État. "D'ici à 2020, plus de 10.000 communes qui sont aujourd'hui en 2G ou 3G passeront à la 4G", a-t-il assuré, convaincu que les opérateurs tiendront leurs engagements.

"L'ensemble du deal est contraignant, avec des obligations assorties de sanctions, et non de simples engagements", a-t-il expliqué, précisant que l'Autorité de régulation des télécoms (Arcep) en serait le garant.

Julien Denormandie a reconnu que les investissements passés des opérateurs "n'avaient pas été suffisants en montant et en rythme de déploiement dans les zones peu peuplées". Il souligne aussi que les négociations menées avec les opérateurs ont été parfois compliquées. Même si les quatre acteurs de la téléphonie mobile ont fini par se mettre d'accord avec l'État, "personne n'était content" conclut-il à propos des opérateurs.

Frédéric Bergé