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Les anciens de La Fourchette passent à la casserole

En trois clics, FoodCheri propose de bons petits plats faits maison livrés à domicile en 15 mn.

En trois clics, FoodCheri propose de bons petits plats faits maison livrés à domicile en 15 mn. - FoodCheri

Trois piliers de la Fourchette ont quitté le site internet après son rachat par TripAdvisor pour monter un curieux restaurant virtuel. Ils font "marauder" des coursiers à vélo dans Paris afin de pouvoir livrer en quelques minutes des plats frais cuisinés par deux chefs.

La fièvre de la foodtech a franchi les frontières de la Californie pour arriver en France. De quoi s’agit-il? De services internet liés à la restauration dont la plupart se limitent encore à la livraison à domicile de plats cuisinés. Un marché dont le potentiel est jugé considérable par les géants du Net, Uber en tête. 

Cette tendance n'a pas échappé à une poignée d'anciens de La Fouchette Dans la foulée du rachat de ce site en 2014 par TripAdvisor, Patrick Asdaghi, son ex-directeur marketing, a décidé de lancer un projet avec deux autres collègues, Christophe Lamy et la datascientist Helena Vouge. Ils ont été rejoint par Nicolas Baghdadi, un ancien de Google. 

Un grand restaurant sans bar, ni salle, ni chaise

Leur bébé s'appelle FoodCheri. Il s''agit d'un restaurant virtuel auquel on accède via une appli téléchargeable. Une alternative aux classiques pizzas, couscous et autres sushis livrables à la maison. La startup vise principalement les actifs urbains.

Patrick Asdaghi juge que cette catégorie de la population ne dispose pas aujourd'hui d'une offre correspondant à ses besoins "Ils rentrent tard du travail, précise le co-fondateur. Leur rythme ne leur permet pas de faire des repas équilibrés en rentrant du travail ni de se rendre au restaurant plusieurs fois par semaine. Nous avons créé un service rapide, de bonne qualité et financièrement accessible."

Le principe est simple. Chaque jour deux plats sont préparés dans la mâtinée par deux chefs avec des produits frais acheté le matin même. Une appli propose la carte aux clients qui passent commande. Ils sont ensuite livrés en quelques minutes par des coursiers à vélo, comme à San Francisco. "c'est le moyen de déplacement le plus rapide dans Paris", estime le dirigeant.

S'inspirer des méthodes d'Uber pour livrer en un temps record

Cette performance est possible grâce à une astuce. Les livreurs sont chacun équipés d’une sacoche isotherme contenant une vingtaine de menus. Ils maraudent comme les taxis dans les rues avec une appli de géolocalisation. Dès qu'une commande est finalisée, ils reçoivent une alerte sur leur smartphone. Ils peuvent ainsi se rendre sur le lieu de livraison en quelques coups de pédales.

Evidemment, cette méthode ne permet pas à FoodCheri de couvrir toute la France. Le service a été lancé à Paris et ne devrait pas s’étendre à d’autres villes de France. "C’est un service de proximité, indique le dirigeant. Et, si nous ne comptons pas couvrir tous le pays, notre modèle est transposable dans beaucoup de grandes villes du monde."

Même local, le potentiel de ce business est très fort. Pour le dirigeant, FoodCheri ambitionne déjà le titre de plus grand restaurant de France avec un potentiel de 500 à 700 repas par jour. Pour cela, la petite entreprise emploie déjà six personnes à plein temps. Les 6 livreurs sont des indépendants. 

La tendance foodtech explose aux Etats-Unis

Pour le moment, FoodChéri est un précurseur en France. Aux Etats-Unis, plusieurs services de ce type existent déjà, tous basé à San Francisco. Le principe est le même ce qui n’a pas empêché certains de réaliser des levées de fonds exceptionnels pour des services de proximité: 28 millions d’euros pour Munchery et 11 millions pour SpoonRocket. Sprig, une autre startup a déjà levé 55 millions en deux fois. 

Patrick Asdaghi doute qu’il puisse faire aussi fort. Il reste convaincu pourtant que son projet attirera des investisseurs. Aux Etats-Unis, le foodtech attire des grands noms du capital risque qui entre 2013 et 2014 ont reçu environ 520 millions de dollars d’investissements, selon une enquête de L'Atelier BNP Paribas.

En France, nous n’en sommes qu’au début. Le pays de la gastronomie arrivera-t-il à concilier les traditions culinaires et les nouvelles technologies ? C'est le pari de Patrick Asdaghi et de son équipe.

Pascal Samama