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Les accros aux réseaux sociaux ne sont pas forcément ceux qu'on croit

Selon le Credoc, les plus de 60 ans y sont plus présents et actifs su les réseaux sociaux que les catégories aisées.

Selon le Credoc, les plus de 60 ans y sont plus présents et actifs su les réseaux sociaux que les catégories aisées. - Philippe Desmazes-AFP

Selon le Credoc, 65% des bas revenus sont membres d'une "communauté" sur internet contre 45% pour les hauts revenus. Les sexagénaires sont également de plus en plus nombreux et actifs sur Facebook ou ailleurs.

Après avoir conquis les jeunes et les diplômé(e)s, les réseaux sociaux, à commencer par Facebook, le plus puissant de tous, élargissent leur emprise à deux nouvelles catégories de la population française.

Le Credoc (centre de recherche pour l'étude et l'observation des conditions de vie) est formel. Les Français les moins fortunés sont désormais plus enclins à passer du temps sur les réseaux sociaux. Cette fréquentation assidue concerne 65% des bas revenus contre seulement 45% des hauts revenus. De même que les employés sont surreprésentés (62% d'utilisateurs) par rapport aux autres catégories de la population active.

Selon le Credoc, "il est probable que les personnes aux revenus modestes investissent davantage les réseaux sociaux pour compenser une sociabilité que l’on sait un peu plus restreinte dans la vie courante".

Les Français les plus aisés sont plus sélectifs

Les individus non diplômés ou disposant de bas revenus seraient ainsi plus enclins à faire figurer dans leurs cercles relationnels numériques des personnes jamais rencontrées par ailleurs: 41% des non-diplômés contre 33% des diplômés de l'enseignement supérieur. "L’écart est d’autant plus notable qu’ils déclarent être, dans leurs relations, moins confiants dans les autres que les catégories les plus aisées" relève l'organisme.

Le Credoc justifie ce paradoxe apparent par le fait que les Français les plus aisés disposent naturellement d’un réseau relationnel dense (amis, relations de travail, etc.). Ils se montreraient donc plus sélectifs dans le choix de leurs contacts numériques que les autres.

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- © Si les jeunes restent la tranche d’âge la plus présente sur les réseaux sociaux, les sexagénaires comptent de plus en plus parmi les habitués.

L'analyse du Credoc révèle aussi que les catégories modestes et les individus non diplômés contribuent davantage à la production de contenus sur internet (réseaux sociaux, chats, blogs). 43% de ceux qui ne détiennent aucun diplôme assurent être à la fois lecteur et contributeur contre 36% pour les bacheliers et 38% pour les diplômés du supérieur. Explication avancée par le Credoc: l’exposition de la vie privée sur Internet inquiéterait moins cette catégorie de la population.

Enfin, si les jeunes restent la tranche d’âge la plus présente sur les réseaux sociaux, les sexagénaires y sont de plus en plus présents. 26% d'entre eux sont membres d’un réseau social (contre 16 % en 2011)

Et, à l’instar des personnes disposant de bas revenus, les sexagénaires se saisissent de ces nouveaux moyens pour dynamiser leur vie relationnelle: "Ils sont notamment les plus enclins à faire figurer dans leur cercle relationnel des personnes jamais rencontrées par ailleurs" en conclut le Credoc. 

Frédéric Bergé