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L'entreprise française Lucibel lance la lumière qui connecte à Internet

Avec les LED LiFi de Lucibel, on peut s'éclairer plus longtemps et moins cher, mais aussi se connecter en haut débit.

Avec les LED LiFi de Lucibel, on peut s'éclairer plus longtemps et moins cher, mais aussi se connecter en haut débit. - Scott Olson - Getty Images North America - AFP

Cette entreprise française vient de démarrer la commercialisation de systèmes d'éclairage LED fournissant une connexion web. Un halo de lumière permet de surfer sur Internet sans fil et en pleine lumière, en restant à l'abri des pirates informatiques.

Après Medtech, Aldebaran, Sigfox, Parrot ou encore Withings, une autre entreprise française dévoile son talent. Il s’agit de Lucibel qui est la première au monde à se lancer sur le marché des luminaires LiFi (Light Fidelity) en co-développement avec PureLiFi. Ensemble, elles ont franchi une étape essentielle dans l’essor de l’internet des objets. Les deux sociétés ne sont pas les seules à travailler sur cette technologie, mais ce sont les premières à passer la ligne d’arrivée en franchissant le cap stratégique de l’industrialisation. Et, cerise sur le gâteau, l’entreprise produit en France à Barentin (Seine-Maritime).

De quoi s’agit-il? D’un système d’éclairage LED qui, en plus de fournir de la lumière, propose une technologie de communication sans fil en 42 Mbps – à peine moins que le WiFi - permettant aux différents appareils électroniques d’un lieu de se connecter sous le halo de lumière, grâce à une clé USB qui récupère le signal.

Hors du rayonnement des ampoules, le réseau est coupé. "C’est ce qui permet de garantir la sécurité des connexions puisque si le WiFi traverse les murs et peut être intercepté dans un périmètre important, le LiFi passe uniquement par la lumière des LED qui ne peut sortir d'une pièce. En posant la main sur le boîtier, la connexion est coupée", a expliqué Edouard Lebrun, directeur innovation chez Lucibel, à BFM Business.

Une sécurité adaptée aux sites sensibles

Cette performance intéresse déjà des entreprises ou des administrations qui pour des raisons de sécurité n’ont jamais voulu déployer le WiFi dans leurs locaux, préférant les connexions filaires. Déjà, les banques, les ministères et toutes les entreprises sensibles s’intéressent au LiFi. Natixis et Microsoft France ont voulu être les premiers à s’équiper. En parallèle, une centaine de commandes ont été passées avec d’autres entreprises.

La sécurité n’est pas la seule promesse de Lucibel. À l’inverse du WiFi qui peut repousser les personnes électrosensibles à cause des ondes radio, le LiFi se diffuse par la lumière et ne provoquerait, selon l’entreprise, aucun rejet physique. Cette particularité en fait une solution pour les sites qui ne peuvent déployer le WiFi pour des raisons réglementaires comme les hôpitaux, les écoles ou les crèches. En France, une loi a été votée en 2015 pour interdire le WiFi dans les lieux qui accueillent des enfants de moins de 3 ans en s’appuyant sur une décision de l’OMS (Organisation mondiale de la santé) de 2011 qui a classé les ondes électromagnétiques comme "potentiellement cancérigènes".

Reste désormais pour Lucibel à s'attaquer au grand public. "Nous nous y préparons pour 2019", précise Edouard Lebrun. "Pour l’heure, il y a deux freins sur lesquels nos équipes travaillent: le prix [2.300 euros], mais surtout la connexion en USB qui n’est pas compatible avec les tablettes et smartphones. Il nous faut intégrer notre technologie dans ces appareils". Pour cela, l’entreprise française est en discussion avec des leaders du marché de la téléphonie.

https://twitter.com/PascalSamama Pascal Samama Journaliste BFM Éco