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Indonésie: Google s'incline et supprime des applications LGBT

Google a retiré au moins 15 applications LGBT en Indonésie

Google a retiré au moins 15 applications LGBT en Indonésie - Loic Venance / AFP

À la demande du gouvernement indonésien, Google a retiré une quinzaine d'applications LGBT de sa boutique en ligne. Pour le moment, Apple n'a pas obtempéré.

Google cède au gouvernement indonésien. En janvier, le ministère des Communications avait appelé Google à retirer de sa boutique en ligne 73 applications LGBT (lesbien, gay, bisexuel, transgenre) incluant des services de rencontres.

L'application Blued, qui compte plus de 27 millions d'utilisateurs à travers le monde, n'est plus disponible sur Google Play pour les utilisateurs indonésiens, a indiqué un porte-parole du ministère, Noor Iza. "Il y avait dans cette application du contenu négatif lié à la pornographie. Sans doute qu'un ou plusieurs utilisateurs de l'application y ont mis du contenu pornographique", a-t-il déclaré à l'AFP, sans autres détails. 

L'application Blued était toujours disponible mercredi dans la boutique en ligne d'Apple. Google s'est refusé à tout commentaire. Selon le quotidien indonésien Kompas citant le porte-parole du ministère, quatorze autres applications LGBT ont également été retirées du Google Play Store Indonésie.

Hostilité croissante à l'égard des LGBT 

Le ministère des Communications avait enjoint la population à ne plus utiliser ces applications ne correspondant pas aux normes sociales et culturelles du pays musulman le plus peuplé au monde.

Les relations homosexuelles sont légales en Indonésie, à l'exception de la province d'Aceh, la seule de l'archipel d'Asie du Sud-Est à appliquer la loi islamique (charia). La semaine dernière, la police y a arrêté des femmes transgenres et leur a coupé les cheveux. 

En Indonésie, l'hostilité à l'égard de la communauté LGBT est croissante. La police a fréquemment recours aux strictes lois anti-pornographie pour réprimer des membres de la communauté LGBT. Depuis quelque temps, des ministres, des conservateurs et des groupes islamistes tiennent publiquement des propos homophobes. 

P.Dum avec AFP