BFM Business

"Grexit", la start up la plus mal nommée au monde

-

- - -

Cette entreprise indienne spécialisée dans les outils pour gmail a vu son trafic bondir avec les péripéties de la crise grecque. Mais, en raison d'un nombre logiquement élevé de visites non pertinentes, la société voit son activité pénalisée et songe à changer de nom.

Si vous avez lu notre lexique des mots sur la crise grecque, vous savez désormais ce que le terme "Grexit" ("Greek" et "exit") signifie. Mais, chose plus surprenante, "Grexit" est également le nom d'une entreprise indienne fondée en 2011.

Cette start up basée à Palo Alto (Californie) travaille surtout avec Google, apportant ainsi différents outils pour la messagerie gmail.

En raison de l'actualité liée à la crise grecque, les requêtes des internautes souhaitant s'informer sur cet épineux dossier se sont multipliées ces dernières semaines. En conséquence le nombre de visiteurs de Grexit.com, le site de cette start up, a lui aussi explosé de 20%, rapporte Quartz.com.

Mauvaise publicité

Un superbe coup de pub? Pas tout à fait, si l'on en croit l'un des cofondateurs de ce site, Nitesh Nandy. "Cela plante nos analyses", explique-t-il à Quartz. "Nous ne faisons qu'obtenir du trafic non pertinent qui plombe notre taux de conversion (le taux de visiteurs qui devient un client effectif, ndlr)".

A tel point que Nitesh Nandy envisage de changer le nom de la société. "Le terme Grexit a une connotation négative et je ne pense pas que toutes les discussions autour du sauvetage de la Grèce vont bientôt quitter le devant de la scène", explique-t-il. "Nous ne pouvions anticiper (la crise grecque) en 2010. C'est simplement pas de chance".

Un mot greco-anglais

A l'origine, Nitesh Nandy et son associé Niraj Ranjan, comptaient appeler leur entreprise "Open Inbox". Mais ils ont préféré "Grexit", qui mélange le mot latin Grex ("troupeau") et le terme anglais "it" ("çà"), censé faire référence à la volonté de la start up de rapprocher les gens. Un nom qui a très bien marché jusqu'en 2012, explique Quartz, l'entreprise réussissant à lever des fonds et à se lancer à Palo Alto, la Mecque des start up.

Jusqu'à ce que la banque Citigroup produise une note dans laquelle elle utilisa le terme "Grexit" pour estimer que la Grèce avait 50% de chance de sortir de l'euro.

Comme le rappelle le Daily Telegrah, Grexit n'est pas la première entreprise à faire les frais d'un nom malheureux. En novembre dernier, le fonds Isis Private Equity a décidé de changer de nom pour devenir Living Bridge. Cette entreprise londonienne ne souhaitait plus voir son nom associé à ISIS, l'acronyme anglais de l'Etat Islamique, également connu sous le nom de Daech.