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Google, Verizon, Salesforce, Microsoft, Disney: pourquoi voudraient-ils racheter Twitter?

Plus le temps passe, plus il y a de candidats et plus la valorisation de Twitter augmente.

Plus le temps passe, plus il y a de candidats et plus la valorisation de Twitter augmente. - Andrew Burton - AFP

Google, Verizon, Salesforce et Microsoft se seraient portés candidats à la reprise de Twitter. Chacun a ses propres raisons d’investir près de 20 milliards de dollars dans une entreprise dont les revenus ne sont pas à la hauteur de la popularité mondiale. Une nouvelle rumeur vient d'éclore: Disney serait également intéressé.

Twitter est un très célèbre réseau social, mais en termes de revenus, tout reste encore à faire. Depuis son arrivée en bourse, le groupe n’a jamais atteint ses objectifs et cherche désespérément un modèle économique fiable et durable. Pour le 3e trimestre, le groupe compte atteindre un chiffre d’affaires maximum de 610 millions de dollars quand le marché attend 678 millions.

Mais, pour quatre grandes entreprises du net (Google, Salesforce, Verizon et Microsoft), ce n’est qu’un détail. Depuis quelques semaines, les rumeurs se multiplient au sujet du rachat du réseau social. Les discussions menées par Jack Dorsey, cofondateur et dirigeant de Twitter, deviennent même un levier pour l’action qui n’arrête pas de grimper à chaque nouvelle rumeur de rachat. Ainsi, la capitalisation boursière de Twitter atteint désormais 16 milliards de dollars avec une progression de 2,8 milliards de dollars depuis vendredi dernier.

Pourquoi ces quatre géants qui proviennent d’horizons différents ont jeté leur dévolu sur le site de microblogging? De toute évidence, ce sont les 313 millions de twittos actifs qui font de Twitter l’un des plus importants réseaux sociaux du monde après Facebook, YouTube, WhatsApp et Instagram, et devant Snapchat, Google+ et LinkedIn, mais pas seulement.

Twitter est plus que cela. C’est aussi un outil mondial d’influence et en période électorale, c’est un sérieux atout. C’est encore une extraordinaire base de données qui renseigne très précisément sur les goûts et les idées de ses utilisateurs. Et chacun de ces candidats voit dans ce rachat le moyen de mettre la main sur ce pactole. Plus le temps passe, plus l’addition augmente et déjà, les dirigeants réclameraient une somme proche de 30 milliards de dollars. Malgré cela, les postulants ne reculent pas.

Google

Pour le géant de Mountain View, les réseaux sociaux ont un arrière-goût, si ce n’est d’échec, tout du moins amer. Lancé en 2011, soit 5 ans après Twitter, Google+ devait être le rival de Facebook. Mais avec 212 millions d’utilisateurs actifs dans le monde selon un rapport d’Adweek, beaucoup de chemin reste à faire pour rattraper le 1,7 milliard de clients du réseau social de Mark Zuckerberg. Google pensait parvenir à convaincre ses 2,2 milliards de comptes, mais il en est très loin.

En s’offrant Twitter, Sundar Pichai, PDG de Google, compte revenir dans la course en offrant un nouveau service qui a fait ses preuves d’un bout à l’autre de la planète en termes d’audience. Quant aux revenus, Google a déjà montré qu’il savait transformer un service gratuit en une formidable machine à cash.

Salesforce

À première vue, on peut se demander ce qu’un spécialiste du BtoB (business to business) recherche avec un outil grand public. D’autant plus que Salesforce ne dispose "que" de 3,3 milliards de dollars de trésorerie, soit cinq fois moins que les 16 milliards qu’il faudra sortir pour se payer Twitter. Et, si le groupe parvient à réunir la somme, il devra apprendre un métier qui n’est pas le sien et qui pose non seulement des problèmes économiques, mais aussi politiques dans plusieurs pays du monde.

C’est Vala Afshar, évangéliste chez SalesForce, qui est intervenu sur Twitter pour expliquer le sens de cette stratégie qui n’a toujours pas été officialisée. Ce sont les données qui restent en partie sous-utilisées commercialement qui font de Twitter la perle que chercherait SalesForce pour démontrer au public le talent d’analyse des technologies d’intelligence artificielle qu’elle a développé.

Partenaire de Twitter depuis 2012, le groupe n’a d’autres choix que de se lancer dans l’aventure. Si le site de microbloging est repris par un autre, il risque de perdre l’accès aux données des twittos.

Verizon

Pour le géant des télécoms, Twitter est l’une des briques qui lui permettra de devenir un géant de l’Internet. Il a déjà mis un pied dans la place avec le rachat de Yahoo pour près de 5 milliards de dollars. Comme d’autres opérateurs, Verizon est conscient qu’avec la voix sur IP, la téléphonie ne pourra bientôt plus seulement vivre de ses activités historiques. Mais, en devenant un nouveau géant du net, face à Google ou Apple, il proposerait à la fois des contenants et du contenu.

Microsoft

Depuis quelques jours, le nom de Microsoft est évoqué dans les candidats à la reprise de Twitter. Rien d’étonnant, puisque le groupe créé par Bill Gates a les moyens de se l’offrir, et qu’il a fait l’acquisition de LinkedIn l’été dernier pour plus de 26 milliards de dollars. Va-t-il en lâcher autant pour Twitter? Possible, car le réseau social pourrait lui redonner quelques espoirs dans les nouveaux marchés qu’il veut conquérir. Microsoft n’a toujours pas brillé dans les appareils mobiles avec Windows Phone qui ne cesse de reculer. À moins, et c’est une analyse qui circule, que sa présence sur le dossier n’ait d’autre but que de faire grimper le prix jusqu’à ce que certains candidats, comme Salesforce, jettent l’éponge.

Disney

Le géant américain des médias et du divertissement Disney a recruté un conseiller financier pour évaluer une éventuelle offre de rachat du réseau social en difficulté Twitter, affirme l'agence Bloomberg. S'il décide de faire une offre, Disney pourrait aider Twitter dans sa stratégie actuelle de développement des contenus vidéo en streaming, souligne Bloomberg, qui rappelle aussi que le patron-fondateur du réseau, Jack Dorsey, siège au conseil d'administration de la maison mère de Mickey.

https://twitter.com/PascalSamama Pascal Samama Journaliste BFM Éco