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GAFA: La Maison Blanche pourrait ordonner une enquête antitrust

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- - Lionel BONAVENTURE / AFP

Les GAFA dans le viseur de la Maison Blanche. Elle examinerait un projet de décret donnant instruction aux agences fédérales de mener une enquête antitrust sur les pratiques des plateformes de médias sociaux, comme Google, Facebook ou Twitter...

Donald Trump multiplie depuis des mois les attaques contre les GAFA... et Washington pourrait bien passer à la vitesse supérieure. Selon un document obtenu par l'agence Bloomberg News, la Maison Blanche examinerait un projet de décret demandant aux agences fédérales de mener une enquête antitrust sur les pratiques des plateformes de médias sociaux, comme Google, Facebook ou Twitter. Des géants qui ne sont pas nommément cités, mais les autorités antitrust sont invitées à "enquêter de manière approfondie sur la question de savoir si une plate-forme en ligne a enfreint les lois antitrust".

Le projet de décret ordonne aux autres agences gouvernementales, comme le département de la justice, d'effectuer dans un délai d'un mois des recommandations pour "protéger la concurrence parmi les plate-formes en ligne et trouver une solution aux problèmes de partialité".

Pas de confirmation de la Maison Blanche qui prend même ses distances. Si la porte-parole, Lindsay Walters, confirme au Washington Post que la Maison Blanche est bien préoccupée par les pratiques des plateformes en ligne et leur impact sur la société, elle assure toutefois que "le document n'est pas la conclusion d'un processus officiel d'élaboration des politiques de la Maison Blanche".

Rien n'est fait donc. Mais si ce décret était signé, il représenterait une escalade des hostilités entre Donald Trump et la Silicon Valley. Le président multiplie les attaques ces dernières semaines, notamment contre Google. L'entreprise est accusée de censurer les voix conservatrices et de favoriser les articles provenant de médias classés à gauche dans ses résultats de recherche.

Accusations similaires à l'encontre de Facebook et Twitter qui ont dû s'expliquer longuement début septembre devant le Congrès. Google avait pour sa part refusé de participer à ces auditions. Viennent aussi s'ajouter les attaques récurrentes de Donald Trump à l'encontre d'Amazon. Le Président l'accuse notamment de profiter du service postal américain à prix réduit. Il lui reproche de ne pas respecter les règles de la concurrence et de mettre en faillite les commerçants, enfin le rôle du Washington Post, propriété de Jeff Bezos, en pointe dans lutte de la presse américaine contre Donald Trump, contribue à augmenter les tensions. Des attaques que Wall Street regarde avec beaucoup de calme: le titre Amazon enregistre une progression de 63% depuis le 1er janvier, de 100% sur un an

Les GAFA dans le viseur de la Commission européenne

Les GAFA sont également pointés du doigt de l'autre côté de l'Atlantique... Le parlement européen avait adopté le 12 septembre dernier le projet de directive sur la réforme du droit d'auteur à l'ère numérique. Objectif: obliger les plateformes à rétribuer les créateurs de contenus.

Cette semaine, Amazon était épinglée par la Commission Européenne. Elle se penche désormais sur l'utilisation des données collectés par le géant du commerce auprès de ses clients. La question est de savoir si la plateforme de commerce en ligne, qui accueille des marchants divers sur sa place de marché, n'utilise pas de façon abusive leurs données dans le but de mieux vendre ses propres produits. Une dérive passible d'une amende allant jusqu'à 10% du chiffre d'affaires mondial.

La commission européenne demande également à Facebook et Twitter de modifier leurs conditions d'utilisation. Facebook indique notamment aux consommateurs que leurs données et leur contenu sont utilisés uniquement pour améliorer leur "expérience" globale mais ne mentionne pas que l'entreprise utilise ces données à des fins... commerciales. Les 2 géants du net ont jusqu'à la fin de l'année pour se mettre en conformité et ainsi respecter les règles de l'UE sur la protection et l'information des consommateurs. Faute de quoi les deux plateformes s'exposent à des sanctions.

Et puis, cette question qui fait toujours débat au sein de l'union européenne. Faut-il taxer les géants du numérique? Un projet de taxe sur le chiffre d'affaires des GAFA est lancé depuis un an. Une taxe à hauteur de 3 % sur les revenus tirés de certaines activités, en particulier la publicité et la revente de données personnelles. La France est clairement pour. Mais l'Allemagne semble toujours hésiter et l'Irlande a déjà fait part de son opposition...

Sandrine Serais