BFM Business

Euro 2016: match tendu entre Free et Orange à Bordeaux

Le concessionnaire du stade de Bordeaux aurait multiplié par 12 la redevance due par les opérateurs mobiles qui ont installé leurs matériels télécoms dans l'enceinte sportive.

Le concessionnaire du stade de Bordeaux aurait multiplié par 12 la redevance due par les opérateurs mobiles qui ont installé leurs matériels télécoms dans l'enceinte sportive. - Robert Grahn-AFP

"Au stade de Bordeaux, Free veut se faire rembourser par Orange le coût d'installation de ses équipements télécoms devant améliorer la couverture 4G pendant l'Euro 2016. L'opérateur juge trop élevée la redevance réclamée par le stade."

Menacé par des grèves, l'Euro 2016 va-t-il être aussi le théâtre de nouvelles bisbilles entre opérateurs télécoms? Alors que ceux-ci s'étaient pourtant entendus pour se répartir le travail pour améliorer la couverture mobile 4G des dix stades retenus pour la compétition, cette belle entente commence à se fissurer.

C'est Free qui a déclenché les hostilités. Selon le Figaro, l'opérateur réclame le remboursement des sommes qu'il a déjà engagées pour financer l'installation de ses équipements télécoms au stade de Bordeaux, retenu pour l'Euro 2016. Free juge trop élevée la facture qu'on lui réclame pour placer ses matériels in situ. Résultat: les abonnés de Free présents dans cette enceinte lors des matchs risquent d'être privés d'un réseau mobile de qualité dont bénéficieront a priori les abonnés des autres opérateurs.

En agissant de la sorte, Free remet en cause le subtil échafaudage mis au point pour s'assurer que les opérateurs de télécommunications travaillent en bonne entente pour équiper ensemble les stades en 4G.

Orange menace de couper l'itinérance mobile à Free dans le stade de Bordeaux

Dans l'enceinte sportive bordelaise, comme dans cinq autres des dix stades retenus pour l'Euro 2016 (Lens, Saint-Étienne, Toulouse, Stade de France et Lyon), c'est Orange qui a été désigné comme opérateur en charge de déployer des antennes-relais pour son compte et celui des trois autres opérateurs mobiles. À charge pour ces derniers de venir installer leurs équipements pour se raccorder sur les antennes-relais de l'opérateur désigné comme leader. Dans chaque stade, le propriétaire (la collectivité locale en général) ou le concessionnaire (dans le cas d'un partenariat public-privé comme à Bordeaux) fait en plus payer une redevance aux quatre opérateurs présents avec leurs matériels.

À Bordeaux, c'est le concessionnaire du stade, une filiale de Vinci et de Fayat, qui aurait multiplié par douze, révèle le Figaro, la redevance qu'il exige des opérateurs. Orange, SFR, et Bouygues Telecom auraient accepté cette hausse exorbitante, mais pas Free, d'où le conflit.

L'argumentation de Free, qui aurait expliqué que ses clients bénéficieront tout de même, aux abords du stade de Bordeaux, de l'accord d'itinérance mobile existant avec Orange, aurait eu le don d'énerver ce dernier. En mesure de rétorsion, l'opérateur historique envisagerait de priver Free du bénéfice de cette itinérance dans le stade. Ambiance...

Frédéric Bergé