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Des milliers de pylônes d'opérateurs mobiles sous pavillon américain

Quatre ans après sa création, FPS Towers s’adosse à ATC leader mondial et américain des exploitants de tours télécoms pour opérateurs mobiles.

Quatre ans après sa création, FPS Towers s’adosse à ATC leader mondial et américain des exploitants de tours télécoms pour opérateurs mobiles. - Gérard Julien-AFP

Le fonds français Antin cède FPS Towers, deuxième opérateur de pylônes pour antennes d'opérateurs mobiles derrière TDF, à la société American Tower Corporation et au fonds de pension néerlandais PGGM.

Le business des pylônes ou points hauts télécoms en France, dopé par l'essor de la téléphonie mobile, intéresse les investisseurs étrangers. Le fonds français d'investissement Antin Infrastructure Partners, propriétaire de FPS Towers, deuxième opérateur de pylônes en France, a décidé de le céder à un opérateur américain, American Tower Corporation (ATC), et au fonds de pension néerlandais PGGM. La cession de FPS, qui exploite environ 2.400 tours télécoms en France, s'est faite sur une valeur de 697 millions d'euros, a indiqué une source proche du dossier à l'AFP.

American Tower et PGGM effectuent cette acquisition via une co-entreprise créée en octobre 2016, ATC Europe, détenue à 51% par le groupe américain et 49% par le groupe néerlandais. Les deux partenaires se partagent cette acquisition "proportionnellement à leur intérêt dans la co-entreprise", précisent-ils. American Tower devrait en plus prendre en charge la dette de FPS.

FPS Towers et TDF sont en guerre commerciale ouverte

Cette co-entreprise, destinée à se développer sur le marché européen des pylônes pour les télécoms, a aussi dans son escarcelle un parc de tours télécoms en Allemagne, actifs apportés par American Tower, un géant mondial du secteur, fort de 14.000 tours sur cinq continents.

FPS Towers, principal concurrent en France de l'opérateur historique TDF (ex Télédiffusion de France) contre lequel il mène une guerilla commerciale sans merci, avait été lancé en 2012 à partir d'actifs cédés par Bouygues Telecom. Le fonds d'Antin avait acheté 2.045 pylônes pour 205 millions d'euros à Bouygues Telecom, resté actionnaire de la société avant de se désengager en 2015.

Le fonds d'Antin a organisé pour la cession programmée de cet actif des enchères qui ont attiré un grand nombre d'acquéreurs, selon Alain Rauscher, PDG du fonds d'investissement. "Au cours des quatre ans pendant lesquels nous avons été actionnaires, l'Ebitda a été multiplié par 3 et nous avons aidé les opérateurs Bouygues Telecom et Free à déployer leur réseau", a-t-il ajouté à l'AFP.

FPS s'est renforcé par le rachat de Loxel. Celle-ci gérait et exploitait, pour le compte de bailleurs sociaux, les toits-terrasses des immeubles en ville, lieux précieux et rares pouvant héberger les antennes-relais d'opérateurs mobiles. La société a aussi passé un accord avec RTE, filiale de l'électricien EDF, pour utiliser 76.000 de ses 350.000 pylônes de haute et très haute tension afin d'héberger des équipements télécoms.

FPS, avec sa centaine de collaborateurs, aurait dégagé un résultat brut d'exploitation de 45 millions d'euros sur le dernier exercice, selon une source proche du dossier, alors qu'il prévoit de réaliser 70 millions d'euros de chiffre d'affaires en 2016. On comprend mieux l'intérêt des investisseurs pour le business discret mais rentable des exploitants de "tours télécoms".

Frédéric Bergé avec AFP