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Découvrez la caméra que vont porter sur eux gendarmes et policiers

Les caméras fournies par Allwan Security sont dotées de capteurs à infrarouge pour filmer les interventions nocturnes.

Les caméras fournies par Allwan Security sont dotées de capteurs à infrarouge pour filmer les interventions nocturnes. - L'Essor

Ce sont 10.400 caméras filmant les contrôles des forces de l'ordre que fournit Allwan Security. Située près d'Angers, cette PME a développé un logiciel et adapté l'ergonomie de matériels chinois pour remporter ce marché public de 2,4 millions d'euros.

Une PME angevine a la lourde responsabilité de tenir la promesse de l'actuel ministre de l'intérieur de déployer 10.000 caméras piétons d'ici 2019 auprès des forces de l'ordre lorsqu'elles effectuent des contrôles. Les 5000 dispositifs qui équiperont la Gendarmerie et les 5400 destinés à la Police nationale seront fournis par la société Allwan security, originaire du Maine-et-Loire. "Nous avons une activité ministérielle importante", précise au quotidien Ouest-France, Franck Le Fur, le gérant de cette PME située près d'Angers, qui ajoute, "nous travaillons avec la police, la gendarmerie, mais aussi la justice et l'armée". Elle vend aussi des caméras piétons à des polices municipales.

Cette PME a remporté il y a quelques semaines l'appel d’offres incluant la fourniture de caméra-piéton et du logiciel permettant l'exploitation des images prises en intervention par les forces de l'ordre. Ce marché public, évalué à environ 2,4 millions d’euros, concerne les forces de l'ordre de trois régions dont l'Ile-de-France et les Pays de la Loire. En tout, 21 offres avaient été reçues par la Saelsi (service de l'achat, des équipements et de la logistique de la sécurité intérieure) du ministère de l'intérieur.

La caméra piéton accrochée aux uniformes sur le buste du policier ou du gendarme en patrouille avait déjà été lancée à titre expérimental en avril 2013 par Manuel Valls, alors ministre de l'Intérieur. En octobre 2015, celui-ci, devenu Premier ministre, avait annoncé la généralisation en cinq ans de ce dispositif. Ces premiers équipements d'enregistrement vidéo étaient fournis par la PME Exavision ainsi que le rappelle L'Essor, le magazine de la gendarmerie nationale. Mais ce n'est que depuis le 23 décembre 2016, que la loi donne aux policiers équipés de caméras piétons la possibilité de filmer certaines de leurs interventions.

Des caméras chinoises adaptées et enrichies par la PME

Les nouvelles caméras piétons individuelles d'Allwan Security sont dotées d'une fonction GPS pour géolocaliser la prise d'images et elles fonctionnent la nuit grâce à un éclairage infrarouge. Le matériel de base, d'origine chinoise, a été enrichi par la PME d'un logiciel d'exploitation des données vidéos capturées lors d'un contrôle. De même, l'ergonomie des caméras a été adaptée aux besoins des forces de l'ordre françaises.

Les caméras sont gérées par des stations d'accueil dotées de disques durs sur lesquels sont téléchargés automatiquement les fichiers vidéo enregistrés. "Après le service, chaque agent pose sa caméra sur une station d'accueil qui récupère les images et les sécurise. Seul le chef de service peut y avoir accès, via un code d'identification" précise le quotidien Ouest-France. Les fonctionnaires de police ou de gendarmerie auxquels les caméras sont fournies ne peuvent en effet avoir accès directement aux enregistrements auxquels ils procèdent, pour éviter toute manipulation a posteriori.

Frédéric Bergé