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Comment Google gagne la bataille des applis contre Apple

Le magasin de Google offre 1,43 million d'applis. Celui d'Apple est à 1,21 million.

Le magasin de Google offre 1,43 million d'applis. Celui d'Apple est à 1,21 million. - Apple

Le catalogue d’applis de Google a désormais dépassé, et de loin, celui d’Apple. Cette performance repose sur les parts de marché d’Android, mais aussi sur une méthode de mise en ligne sans validation.

Après la guerre des OS mobiles, place à la bataille des applis. Pendant longtemps, les deux principales forces en présence, Apple et Google, étaient au coude-à-coude. Désormais, Google bat haut la main la firme de Cupertino.

Selon une étude d’AppFigures, publiée le 14 janvier, le Google Play Store dispose d’un catalogue de 1,43 million d’applis. Il surpasse de près de 20% l’offre de l’AppleStore qui propose 1,21 million d’applications mobiles. Les deux leaders laissent loin derrière Microsoft (560.000 applis) et Amazon (300.000).

Cette performance, qui était largement prévisible, a eu lieu en 2014, année où Google a mis les bouchées doubles pour prendre la place de leader. Au cours de cette période, l’offre Android a doublé quand celle d’Apple n’a progressé de "seulement" 60%.

Pour arriver à prendre la première place, Google à deux leviers. Le premier est tout simplement la diffusion mondiale de son OS, qui a tout pour attirer les développeurs à la recherche des débouchés les plus larges. Android équipe la quasi-totalité des marques de smartphones, et ce, dans toutes les gammes. Ainsi, sa part de marché mondiale représente 70% des OS mobiles selon l’étude Kantar du 8 janvier.

Une validation plus "libre" des apps Android

La stratégie d’Apple consiste plutôt à réserver iOS aux appareils de sa marque. Et même si, en 2014, les iPhone 6 ont fait remonter les parts d’iOS, Apple restera longtemps loin derrière.

L’autre levier est aussi efficace. Alors que depuis le lancement de l’AppStore, Apple a mis en place un système de validation stricte pour les applis payantes ou gratuites - ce qui lui a valu de nombreuses critiques des développeurs - Android a adopté une autre méthode. Elle consiste à laisser libre la mise en ligne. Une vérification peut avoir lieu à postériori, si, et seulement si, des utilisateurs émettent des réclamations auprès de Google.

Le revers de la médaille de cette stratégie est de mettre en ligne des applis parfois instables ou laissant des doutes sur leur fiabilité concernant la protection des données.

Lors d’un test de 36 applis de sécurité, payantes ou gratuites, distribuées sur Android, le cabinet AV-Test a constaté que seulement 25 avaient passé l’ensemble des essais. Cinq en ont réussi seulement deux et six n’ont pas pu passer la première étape. Mais, plus inquiétant, cet expert de la sécurité a détecté des applications totalement inconnues de ses services.

Pascal Samama