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Chez Arianespace, on ne s'étonne pas de l'accident de SpaceX

Stéphane Israël déplore une guerre des prix dans ce secteur.

Stéphane Israël déplore une guerre des prix dans ce secteur. - Toshigumi Kitamura - AFP

Pour Stéphane Israël, patron d'Arianespace, l'accident dont a été victime le lanceur Falcon 9 n'est pas une coïncidence. Pour lui, il est le résultat d'une guerre des prix.

Le patron d'Arianespace, Stéphane Israël, a estimé après l'accident du lanceur Falcon 9 de SpaceX que cela démontrait que la qualité des lancements de satellites avait "un coût". Cet accident, survenu lors d'un essai au sol jeudi dernier, "nous rappelle un devoir d'humilité, un devoir de prudence et un devoir de qualité extrême dans la préparation de nos missions", a déclaré mercredi Stéphane Israël sur France Info. "La qualité a un coût", a-t-il ajouté.

SpaceX s'est imposé comme un sérieux concurrent d'Arianespace, qui détient environ 50% du marché mondial, pour le lancement de satellites au cours des dernières années, grâce notamment à des baisses de coûts des lancements. L'américain a contraint la filière européenne à réagir en proposant un nouveau lanceur, Ariane 6, plus compétitif que l'actuelle Ariane 5, à l'horizon 2020.

Mais pour Stéphane Israël, ces baisses des coûts ne peuvent être une fin en soi et ne doivent pas prendre le pas sur la qualité. "Nos fusées effectivement (chez Arianespace, ndlr) ont un certain coût, parfois plus élevé que SpaceX, et nous assumons que la qualité ait un coût et nous ne voulons pas nous lancer dans une baisse des prix parce qu'au bout d'un moment, quand il y a des coûts bas, parfois c'est aussi la qualité qui en souffre", a-t-il estimé.

73ème succès d'affilée

Arianespace a réalisé le 24 août dernier son sixième lancement de l'année 2016, le 73ème succès d'affilée pour le lanceur Ariane 5. Selon lui, SpaceX n'a pas seulement perdu un lanceur mais également subi la destruction de son pas de tir pour les satellites en orbite géostationnaire, utilisés pour les télécoms.

Il a par ailleurs indiqué qu'Arianespace s'efforcerait de répondre à un éventuel afflux de demande de lancements après cet accident. "Nous pouvons essayer d'insérer un lanceur de plus sans que cela ne retarde les clients qui sont déjà chez nous. C'est quelque chose que nous sommes déjà en train de regarder", a-t-il expliqué, estimant que certains créneaux de lancements pouvaient également se libérer en cas de retard de livraison de satellites. En outre, "nous avons trois lanceurs, Ariane, Soyouz et Vega, nous pouvons essayer de jouer de la complémentarité de ces lanceurs pour apporter des solutions", a-t-il indiqué.

Enfin, le dirigeant a redit que la commercialisation d'Ariane 6, au coût de lancement deux fois moins cher qu'Ariane 5, débuterait "avant la fin de l'année". L'Agence spatiale européenne (ESA) se réunira mardi 13 septembre, afin de donner un ultime feu vert au projet, a-t-il souligné.

D. L. avec AFP