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Avec ces bactéries dressées, on pourrait éviter une nouvelle "affaire Lactalis"

Karim-Franck Khinouche, fondateur de Novolyze, était l'invité de Stéphane Soumier dans Good Morning Business ce mercredi.

Karim-Franck Khinouche, fondateur de Novolyze, était l'invité de Stéphane Soumier dans Good Morning Business ce mercredi. - BFM Business

VIDÉO - La jeune pousse Novolyze a mis au point une méthode inédite pour lutter contre les bactéries pathogènes dans les aliments. Voici, expliqué par son fondateur Karim-Franck Khinouche, comment cela fonctionne.

La technologie tombe à pic, en pleine affaire Lactalis: une bactérie "éduquée" pour aider à combattre les salmonelles, et autres agents pathogènes. C'est Novolyze, une jeune pousse spécialisée dans la prévention des risques dans l'agroalimentaire, qui l'a mise au point. Son fondateur, Karim-Franck Khinouche, détaillait ce mercredi sur BFM Business le fonctionnement de ces "germes améliorés".

Les chercheurs de Novolyze sélectionnent dans la nature des bactéries un tout petit peu plus résistantes que celles que combattent les industriels de l'agroalimentaire, comme la listeria, les salmonelles, les e-coli. Ces agents qui, eux, ne sont pas vecteurs de maladie, sont ensuite "dressés" pour se comporter exactement comme les pathogènes, ceux qui rendent malade.

Manque de fiabilité des procédés actuels

Dans un second temps, ces "nouvelles bactéries" sont introduites dans des aliments, afin que Novolyze expérimente des moyens de les faire disparaître. Puisque les bactéries dressées et les agents pathogènes se conduisent de la même façon, "on est certains qu'en supprimant les nouvelles bactéries, on supprime du même coup les pathogènes", explique Karim-Franck Khinouche. "On en met plusieurs millions par gramme, et on s'assure qu'on en a tué en très grande quantité pour pouvoir conclure sur l'efficacité du procédé", souligne le fondateur de Novolyze.

Ce procédé, inédit, pourrait être largement adopté dans l'agroalimentaire, parce qu'il serait beaucoup plus fiable et simple qu'un test basique de détection des salmonelles. En effet, "les analyses a posteriori dans le produit fini ne permettent pas d'établir avec certitude l'innocuité du produit", assure Karim-Franck Khinouche.

1 chance sur 10 millions de détecter la salmonelle

Il prend l'exemple des amandes: "Les études attestent qu'environ 1/1000 est contaminée à la salmonelle, parce que les oiseaux, qui transportent ces bactéries, se baladent dans les champs. Or avec un protocole d'analyse classique, on a 1 chance sur 10 millions de détecter l'amande contaminée".

Du coup, les industriels des fruits à coques sont obligés de "torréfier ou de pasteuriser leurs amandes pour tuer les pathogènes". S'ils adoptaient la solution de Novolyze, ils pourraient s'épargner ces coûteuses étapes de fabrication, et d'onéreux contrôles sanitaires, affirme Karim-Franck Khinouche.

La start-up a annoncé fin 2017 une levée de fonds de 2 millions d'euros. Et l'intérêt des investisseurs a été renforcé par l'affaire des laits infantiles contaminés de Lactalis, reconnaît son fondateur.

N.G.