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Secteur privé : ralentissement en Europe, stabilisation en France

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- - Ben Reierson - Flickr - CC

Les derniers indices PMI confirment la faiblesse de l’activité dans la zone euro, surtout à cause de la contraction du secteur manufacturier.

Pas vraiment de surprise du côté des derniers indices PMI pour la zone euro. Le ralentissement de l’activité se confirme bel et bien, mois après mois.

L’indice composite qui associe l’activité de secteurs manufacturier et des services s’établit en avril à 51,3 contre 51,6 en mars (51,9 en février) et un consensus à 51,8. Rappelons que la barre des 50 sépare croissance et contraction de l'activité.

Ce ralentissement dans la région est alimenté par une nouvelle contraction du secteur manufacturier mais aussi celui des services qui perd 0,8 point à 52,5.

« L’indice n'est toujours pas en territoire récessionniste mais il signale une croissance économique modérée et terne et cela se reflète dans les attentes moroses. Nous avons des signaux supplémentaires montrant que le ralentissement du secteur manufacturier se propage aux services », observe Chris Williamson, économiste en chef chez IHS Markit.

L'économie de la région continue de traverser sa plus faible période d'expansion depuis 2014. Markit pointe du doigt la situation « particulièrement inquiétante » du secteur manufacturier, « où la production continue de diminuer à l'un de ses rythmes les plus marqués de ces six dernières années ».

Du côté de la France, l’activité du secteur privé résiste, se stabilise. L’indice composite est ressorti à 50 contre 48,9 un mois plus tôt.

Faible effet des Gilets jaunes

Ce niveau « signale une stabilisation de l'activité du secteur privé français », rappelle Markit. « La stabilisation de l'activité enregistrée en avril dans le secteur privé français confirme l'affaiblissement de l'impact des manifestations des gilets jaunes sur l'économie française », estime Eliot Kerr, économiste chez IHS Markit.

Néanmoins dans le détail, il y a toujours des disparités. L'industrie manufacturière se contracte à nouveau avec un indice PMI à 49,6 en première estimation "flash" contre 49,7 en mars. Les économistes interrogés par Reuters l'anticipaient à 50,0.

Il évolue ainsi pour le deuxième mois d'affilée sous la barre de 50, ce qui ne lui était pas arrivé depuis l'été 2016. Les nouvelles commandes au secteur privé ont poursuivi leur repli pour le cinquième mois consécutif, même si leur recul a été très limité et a concerné surtout le secteur manufacturier.

La composante production du secteur manufacturier évolue pour sa part à un plus bas de quatre ans à 47,4 points en avril, contre 48,1 points en mars.

A l'inverse, l'indice des services progresse à 50,5 - un plus haut de cinq mois - contre 49,1 en mars, alors que les économistes attendaient une hausse moins prononcée (49,8). DE quoi compenser le recul dans le secteur manufacturier.

« Les mouvements sociaux mis à part, les dernières données PMI continuent toutefois de mettre en évidence un ralentissement sous-jacent de la demande dans le secteur privé français, de nombreux répondants mentionnant une réduction de l'activité chez leurs clients », souligne Eliot Kerr.

L'emploi a continué de progresser dans les deux secteurs et les dirigeants d'entreprise affichent le niveau d'optimisme le plus élevé depuis neuf mois sur leurs perspectives d'activité pour l'année à venir. « Les entreprises du secteur privé français démontrent ainsi leur capacité d'adaptation à un environnement défavorable », ajoute l’économiste.

Olivier CHICHEPORTICHE