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Quand le Guide du Routard aiguille au financement d'entreprise

En France, il existe 5.000 dispositifs d'aide pour les entreprises.

En France, il existe 5.000 dispositifs d'aide pour les entreprises. - Flickr/CC-TroisièmeHistoire

"Du prêt bancaire au financement participatif en passant par les aides publiques, l'entrepreneur français a de quoi s'y perdre. Voici un ouvrage pour éclairer sa lanterne.  "

De combien puis-je m’endetter? À quelles aides publiques mon entreprise peut-elle prétendre? Pour quel projet choisir le financement participatif? Dans la tête d’un entrepreneur, souvent, les questions fusent en nombre lorsqu’il s’agit de financer la création et le développement de sa société.

Parce que les entrepreneurs sont promis à un long chemin, Hachette édite depuis peu un "Guide du Routard du financement d’entreprise". Cet ouvrage vient s’ajouter aux différents guides gratuits à destination des entrepreneurs édités par des organismes tels que les CCI, l’APCE, l’AGIRC, l’ARCO, Oseo, etc. Mais il part cette fois de l’individu. "On a changé de paradigme, cette fois on a décidé que c’était le profil d’entrepreneur qui comptait plutôt que le besoin à financer", expliquait Agnès Bricard, directrice scientifique du projet le 8 mars sur BFM Business.

20 fiches, par profil d'entrepreneur

Une vingtaine de fiches ont été rédigées, qui détaillent les moyens de financement auxquels le créateur ou repreneur d’entreprise peut faire appel. Un demandeur d’emploi peut prétendre à l’ARCE, l’Aide à la Reprise ou à la Création d’Entreprise, vers laquelle il a la possibilité de faire basculer jusqu’à 50% de ses indemnités chômage (ARE). Un étudiant peut faire conserver un statut social étudiant s’il développe un projet entrepreneurial mais est âgé de moins de 28 ans en s’inscrivant au "Diplôme étudiant-entrepreneur". Il bénéficiera alors de deux tuteurs dont un entrepreneur chargé de l’épauler dans le financement de sa (future) société. Les start-uppeurs peuvent solliciter un prêt d’amorçage auprès de bpifrance et bénéficier d’une exonération totale d’impôt sur les bénéfices pendant un an grâce au statut de Jeune entreprise innovante (JEI). Et le profil d’auto-entrepreneur n’a pas été oublié, statut si plébiscité par les plateformes numériques de mise en relation comme Uber.

Dans chaque fiche-tableau, les montants des aides négociables sont estimés. "On s’aperçoit que le créateur d’entreprise peut disposer de 35.000 à 111.000 euros, que le repreneur peut espérer lever de 300.000 à 700.000 euros", explique Agnès Bricard, par ailleurs présidente d’honneur de l’Ordre des Experts Comptables.

Financer les entreprises, une "clé contre le chômage"

Bref, ce guide, dont le contenu a été validé par la Banque de France et l’Autorité des marchés financiers, vise à rendre simple ce qui peut souvent paraître complexe. Et pour cause, en France, les entrepreneurs peuvent prétendre à 5.000 dispositifs d’aide différents que ce soit pour les soutenir à innover, créer des emplois ou exporter. L’État y consacre 100 milliards d’euros par an, d’après l’Inspection Générale des Finances.

Pour le cofondateur du Guide du Routard, ce livre est d’utilité publique. "Quand Agnès Bricard m’a proposé l’an dernier ce guide du financement d’entreprise, j’ai tout de suite sauté sur l’occasion parce que le financement d’entreprise est une clé contre le chômage (…) Quand on n’a pas fait des études commerciales, on a toujours un petit complexe par rapport au financement de l’entreprise. Le pari que l’on fait avec ce guide est d’écrire simplement ce que tout le monde doit comprendre, parce qu’il en est de l’avenir de la France", déclarait Philippe Gloaguen à l’occasion du salon des entrepreneurs début février.

Gratuit en PDF

Hachette édite déjà le Guide du créateur et du repreneur d’entreprise, vendu à 40.000 exemplaires chaque année. Produit en partenariat avec la Caisse d’Epargne, Natixis, la Caisse des dépôts et avec le soutien de la banque publique d’investissement, de l’INPI, de Rungis, du Medef, de l’AFIC, des réseaux d’accompagnement à l’entrepreneuriat, et de pas moins de quatre ministères dont celui de l’Économie, cet ouvrage est distribué gratuitement sur des événements liés à l’entrepreneuriat et sera bientôt vendu en librairies au prix de 10 euros. Une version numérique en PDF est d’ores et déjà téléchargeable, dans l’attente d’un site plus détaillé prévu pour fin mars.

Adeline Raynal