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Pourquoi Veolia veut se débarrasser de Transdev

La CDC et Veolia Environnement repoussent la finalisation de leur accord sur Transdev au 31 octobre 2013.

La CDC et Veolia Environnement repoussent la finalisation de leur accord sur Transdev au 31 octobre 2013. - -

Veolia Transdev, détenu à parité entre la Caisse des dépôts et Veolia Environnement, devrait passer totalement sous le contrôle de la CDC en octobre. Veolia cherche à tout prix à se défaire de son activité transports.

La Caisse des dépôts et Veolia ont annoncé ce jeudi 11 juin que la finalisation de leur accord sur Transdev est repoussée à octobre 2013. Le passage de la filiale transport de Veolia sous le contrôle de la CDC devait initialement intervenir fin juin.

Un nouveau délai pour Veolia Environnement, qui tente de sortir de Transdev depuis fin 2011. Il y a deux ans, Veolia, endetté à plus de 15 milliards d'euros, lance une vaste restructuration, sous l'égide du patron, Antoine Frérot. Le groupe annonce alors des mesures d'économies et des cessions. Il décide notamment de vendre son activité transports, dont il détient 50%, à parité avec la Caisse des dépôts.

Aucun candidat pour le rachat de Transdev

La branche est rentable : la filiale est devenue leader mondial du secteur depuis le rapprochement entre Veolia Transport et Transdev en mars 2011, devenu Veolia Transdev. Elle est valorisée à 3,7 milliards d'euros. Elle est aussi numéro deux français derrière Keolis.

Mais elle est endettée, à hauteur de 1,8 milliard d'euros, dont 900 millions d'euros de prêts contractés auprès de Veolia. Le géant espère donc se faire rembourser cette somme en vendant ses parts. Il souhaite se recentrer sur ses trois autres métiers: l'eau, la propreté et l'énergie, afin de devenir "un industriel de l'environnement", soulignait Antoine Frérot en janvier 2013.

Mais aucun acheteur ne se porte candidat. En octobre 2012, il est finalement décidé que la CDC prendra 10% de parts en plus, Veolia gardant donc 40% du capital alors que l'entreprise souhaitait s'en désengager totalement. Mais elle obtient satisfaction sur les 900 millions d'euros, qui lui seront bien rendus.

La CDC ne veut pas de la SNCM

Reste encore un problème: dans Transdev, il y a la Société nationale Corse-Méditerrannée (SNCM). Et la CDC ne veut absolument pas des navires pour l'Ile de Beauté. Il faut donc que Veolia sorte la SNCM de Transdev. Mais les syndicats imposent de repousser l'opération, en attendant d'obtenir le résultat de l'appel d'offres de la desserte de la Corse qui devait intervenir à la fin juin.

Ça n'a pas été le cas. La décision a été repoussé à septembre. C'est pourquoi la CDC et Veolia annoncent le report de la finalisation de leur accord. La Caisse dit avoir obtenu l'assurance orale des autorités corses que la SNCM conserverait le marché. Elle assure ainsi qu'elle prendra ses 10% supplémentaires dans Transdev en octobre.

Nina Godart