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Mylan fusionne avec Pfizer dans les génériques

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- - DOMINICK REUTER / AFP

La nouvelle entité sera contrôlée par Pfizer. Elle générera un chiffre d'affaires de 19 à 20 milliards de dollars mais partira avec une dette de 24,5 milliards.

Cela n'aura pas traîné. Moins de 24 heures après les informations de Wall Street Journal, Pfizer a annoncé lundi son intention de fusionner son activité de médicaments non brevetés avec le groupe pharmaceutique Mylan pour créer un géant mondial dans le secteur des traitements à moindre coût.

Ce projet de fusion intervient alors que les pressions politiques sont grandissantes aux Etats-Unis pour une baisse des prix des médicaments, mais aussi au moment où les deux groupes ont perdu l'exclusivité de leurs brevets sur certains médicaments.

Aux termes de l'opération, les actionnaires de Pfizer contrôleront la nouvelle entité à hauteur de 57%, le reliquat allant aux actionnaires de Mylan. Le rapprochement se fera exclusivement par échanges de titres. Les conseils d'administration des deux groupes ont approuvé à l'unanimité la transaction.

Compenser les pertes de brevets

Concrètement, Pfizer va donner son indépendance à Upjohn, sa division médicaments non brevetés, suivant un mécanisme qui lui éviterait de payer des impôts. Upjohn pourra ensuite fusionner avec Mylan.

La nouvelle entreprise dont le nom n'a pas encore été dévoilé devrait enregistrer un chiffre d'affaires compris entre 19 et 20 milliards de dollars à périmètre constant dès 2020 et réaliser des synergies estimées à environ 1 milliard de dollars par an d'ici 2023. Elle aura toutefois une dette d'environ 24,5 milliards de dollars.

Cette union permettrait à Pfizer de relancer des ventes ralenties par la perte de la protection de brevets sur certains médicaments figurant en tête des ventes mondiales comme l'anti-cholestérol Lipitor, le Viagra, pilule contre l'impuissance masculine ou encore l'analgésique Lyrica. Ces traitements dits innovants constituent actuellement plus de 72% de ses ventes. Mais S&P n'y croit pas vraiment puisque l'agence vient d'abaisser la note de Pfizer suite à cette annonce en estimant que cette opération "affaiblissait la diversification et l'ampleur" des activités thérapeutiques du groupe.

Les prix des génériques en baisse

De leur côté, les prix des médicaments génériques ont baissé en moyenne de 9,3% entre 2016 et 2017 aux Etats-Unis, selon une étude rendue publique en avril de l'organisation AARP Public Policy Institute. De quoi plomber les valorisations des géants du secteur. Les titres de Teva et Mylan, deux gros acteurs de l'industrie du médicament générique, ont perdu plus de 75% de leur valeur depuis leurs plus hauts atteints au printemps 2015.

Mylan réalise un chiffre d'affaires de 12 milliards de dollars et est valorisé, selon le journal, à 10 milliards de dollars. Pfizer table de son côté sur un chiffre d'affaires compris entre 52 et 54 milliards de dollars pour l'année 2019.

Au deuxième trimestre, son bénéfice net a reculé de 1,6% à 4,52 milliards de dollars mais rapporté par actions et hors éléments exceptionnels, il est ressorti à 89 cents contre 75 cents attendus en moyenne par les analystes financiers. Le chiffre d'affaires a reculé de 1,50% à 13,26 milliards de dollars, inférieur aux 13,4 milliards anticipés.

Sandrine Serais et la rédaction