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Messier : « Limiter les dérives »

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Jean-Marie Messier, ancien PDG de Vivendi Universal, sort un livre dans lequel il propose des « mesures concrètes » pour redresser l'économie mondiale. Interview.

« Le jour où le ciel nous est tombé sur la tête » c'est le titre du livre de Jean-Marie Messier. Et pour l'ancien patron de Vivendi Universal, « c'est le jour où le gouvernement américain, à l'automne dernier, a laissé tomber Lehmann Brothers. On s'est alors aperçu que laisser partir une grande banque, ça crée des dégâts partout dans le monde. Et par défaut de transparence du système, le pire c'est qu'on ne savait pas où ça allait tomber, et pour combien. »

« Madoff, l'humiliation des Américains »

Selon Jean-Marie Messier, l'affaire qui illustre parfaitement ce « manque dramatique de transparence, [c'est] l'affaire Madoff et ses 50 milliards de dollars d'escroquerie. Ça a été vécu comme une vraie humiliation du côté des Américains. »

« Limiter les bonus et asphyxier les paradis fiscaux »

Alors que l'idée de « moraliser le capitalisme » est évoquée par certains, Jean-Marie Messier parle lui de « limiter un certain nombre de dérives. Dans mon livre, je propose des mesures concrètes. Par exemple, un bonus ne devrait pas représenter plus du double d'un salaire. Car quand on fait une performance exceptionnelle une année, c'est parce que le marché est bon. Si je peux gagner un bonus illimité, c'est une tentation à prendre des risques fous. Il faut arrêter ce système »

« Imposer des labels aux produits financiers »

Contre les organismes qui proposent des produits à des taux attractifs mais peu réalistes, Jean-Marie Messier met en garde : « Il faut se méfier des produits d'assurance-vie dont on ne connaît pas le contenu. Quand je vais au supermarché, je sais ce qu'il y a dans les produits que j'achète. Et bien, je veux savoir, quand j'achète une assurance-vie, si j'ai du Madoff ou du subprime dedans. Il faut imposer des labels dans la commercialisation des produits financiers. »

La rédaction