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Les marges pharamineuses des distributeurs

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Selon un rapport révélé ce lundi par Les Echos, les marges réalisées par la grande distribution sur les produits agricoles n'ont cessé d'augmenter en 10 ans. Aujourd'hui, pour certains produits vendus, le distributeur gagne plus que le producteur.

Un seul gagnant, la grande distribution. Deux perdants, les producteurs agricoles et le consommateur. Voila le constat dressé par ce document de 250 pages et signé de l'économiste Philippe Chamlin pour le compte de l'Observatoire des prix et des marges alimentaires. L'objectif de ce travail réalisé sur 10 ans était de savoir si, lorsque les prix baissaient à la production, les industriels et les distributeurs répercutaient la baisse. Réponse: non. Surtout sur le lait, la viande et les fruits et légumes.

Sur le lait, la marge des enseignes a doublé en 10 ans

Sur une décennie, le prix que les producteurs facturent aux industriels sur ces produits n'a cessé de diminuer. Mais la marge brute « importante » réalisée par la grande distribution est restée « constante ». Les Echos notent ainsi par exemple qu'en 2000, 45% du prix final d'une longe de porc revenaient à l'éleveur. En 2010, celui-ci n'en percevait plus que 36%. Au passage, l'abatteur est passé de 11% de marge à 8.8%. Pendant ce temps là, celle du distributeur a en revanche bondi... de 39% à 55%. Le rapport dresse le même constat sur le lait liquide longue conservation. Sur une dizaine d'années, la marge brute des enseignes a doublé, alors que celle des industriels est restée stable, et celle des producteurs a carrément diminué. Concernant les fruits, la tendance est la même. Le consommateur paye par exemple aujourd'hui une cerise bigarreau cinq fois plus cher que ce qu'elle a coûté au distributeur.