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Les contrats de génération, un dispositif inadapté aux entreprises ?

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Les contrats de génération ont du mal à se placer. L’idée était d’associer dans une entreprise un jeune de moins de 24 ans et un senior de plus de 57 ans. Ce dispositif est artificiel car il ne correspond pas forcément à la dynamique de gestion du personnel des entreprises.

Il y a trois problèmes. Le premier est une vision un peu statique de la vie des entreprises où les jeunes remplacent les vieux qui leur transmettent leur expérience. Les métiers évoluent, et les expériences à transmettre sont de moins en moins importantes.

Ensuite les entreprises n’arrêtent pas de redéfinir leur grille d’emplois avec une tendance très nette à l’externalisation. L’emploi d’hier était un emploi industriel souvent assez répétitif. L’emploi de demain est un emploi de moins en moins salarié, dans des entités économiques avec moins d’effectif et très tourné vers les NTIC. L’emploi de demain sera dans des entreprises qui vont émerger si bien qu’il est souvent illusoire de les orienter vers des entreprises anciennes employant de nombreux seniors. A la limite, c’est plus les jeunes qui ont à apprendre aux vieux que les vieux aux jeunes.

Enfin les entreprises ne s’y retrouvent plus dans la multitude de dispositifs et de dispositions juridiques. On ne sait plus à quoi on a droit et à quel titre. Et qui plus est, tout dispositif nouveau conduit du fait de sa complexité à des contentieux sans fin qui rendent les entreprises prudentes. Les idées se multiplient sans que l’on fasse le bilan des dispositifs antérieurs. Depuis l’élection de François Hollande, nous avons eu les contrats d’avenir, le Crédit compétitivité emploi, les contrats de génération. Sans parler des 34 projets d’avenir de la semaine dernière qui doivent créer 480 000 emplois !

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C’est effectivement le diagnostic de Michel Sapin pour qui le problème principal est que personne ne connaît ce dispositif. On est pourtant en droit de se demander où on en est par rapport au « choc de simplification » ! Surtout, Michel Sapin a déclaré à la fin de l’année dernière : « Face au problème du chômage, il n’y a pas de limite budgétaire ». Or la politique de l’emploi coûte cher -90 milliards d'euros-, son efficacité est contestable et son contenu mal maîtrisé. Qui est vraiment capable de mesurer l’efficacité des 30 milliards d'euros de la formation professionnelle ? En outre, cette politique vit à crédit. Qui va rembourser les 19 milliards d'euros de dette de l’assurance chômage ?

Il faut tout reprendre à zéro ?

La complexité de notre code du travail, des interventions publiques en faveur de l’emploi, a créé un tel coût bureaucratique que ce qui pourrait arriver de mieux ce serait un vrai choc de simplification allégeant toutes les contraintes juridiques sur les entreprises. Les dispositifs qui seront les plus favorables à l’emploi sont ceux que l’on supprimera.

Jean-Marc Daniel