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Les compagnies aériennes lorgnent les créneaux horaires libérés par la faillite d'Aigle Azur

"Plusieurs milliers de personnes sont bloquées aujourd'hui" a expliqué le nouveau secrétaire d'État aux Transports, Jean-Baptiste Djebbari.

"Plusieurs milliers de personnes sont bloquées aujourd'hui" a expliqué le nouveau secrétaire d'État aux Transports, Jean-Baptiste Djebbari. - Eric Piermont-AFP

La liquidation d'Aigle Azur laisse libres 9150 créneaux horaires à l'aéroport d'Orly. Des "slots" très convoités par les compagnies aériennes.

Placée vendredi en liquidation judiciaire par le tribunal de commerce d’Évry, la compagnie aérienne Aigle Azur laisse derrière elle quelque 9150 créneaux horaires à l’aéroport d’Orly. L’enjeu est capital pour la concurrence puisque ces "slots" désormais libres représentent 12,5 vols par jour, explique La Tribune.

Reste à savoir quelles sont les compagnies qui en hériteront. Selon le journal économique, l’État pourrait lui aussi décider de s’attribuer une partie des créneaux horaires sur les lignes d’aménagement du territoire. Un arrêté de 2002 prévoit qu’il peut disposer au maximum de 20% du pool, soit 1800 créneaux dans le cas présent.

Viendra ensuite le tour des compagnies aériennes. Celles qui sont intéressées devront le faire savoir avant le 3 octobre au Cohor, l’association en charge de la répartition des créneaux horaires. La distribution devrait s’effectuer un mois plus tard environ pour laisser à Aigle Azur le temps de céder ses dernières activités. 

Qui profitera des nouveaux créneaux?

Mais sur quelle base identifier les compagnies qui auront la chance de disposer de ces "slots"? Les règles européennes indiquent qu’ils doivent être partagés à 50-50 entre les nouveaux entrants et les compagnies déjà installées à Orly.

Pour la première catégorie, la priorité sera donnée aux compagnies qui demandent des créneaux sur des lignes communautaires comptant moins de trois acteurs. Pour la seconde, aucune règle ne précise la manière dont ils sont censés être attribués. L’objectif est en tout cas de développer la concurrence et donc de ne pas avantager les acteurs dominants. Il y a donc peu de chance qu’Air France qui détient déjà 47,6% de ces créneaux à Orly sorte grand gagnant de cette redistribution.

Selon les experts cités par La Tribune, la distribution pourrait être particulièrement "émietée". Si elle est équitable, chaque compagnie choisie devrait au final disposer de 5 à 6 nouveaux créneaux horaires, en fonction du volume que l’État s’attribuera. Mais les demandes risquent d’être bien plus nombreuses que l’offre, ce qui laisse à penser que cette redistribution fera forcément des déçus.

Paul Louis